Le surpoids chez le chien : comment le repérer (et le corriger sans le frustrer)

On l’a tous fait un jour : céder à ce regard suppliant devant la table, rallonger un peu la portion de croquettes parce que le chien « a eu l’air d’avoir faim », ou simplement ne plus trop regarder la balance depuis quelques mois. Résultat, beaucoup de chiens en France tournent aujourd’hui autour du surpoids sans que leurs propriétaires s’en rendent vraiment compte. C’est un sujet qu’on prend souvent à la légère, un peu comme si des rondeurs chez un chien étaient un signe d’affection ou de bonne santé. En réalité, c’est l’un des problèmes de santé les plus fréquents et les plus évitables chez nos compagnons à quatre pattes.

Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire, qui reste la meilleure ressource pour évaluer le poids idéal de votre chien.

Comment savoir si votre chien est en surpoids

Le poids sur la balance ne dit pas grand-chose à lui seul, un chien musclé peut peser lourd sans être gras du tout. Les vétérinaires utilisent plutôt un score de condition corporelle (BCS), une échelle qui va généralement de 1 à 9, où 4-5 correspond à la corpulence idéale. C’est un outil simple que vous pouvez utiliser à la maison, avec les mains plutôt qu’avec des chiffres.

  • Palpez les côtes : posez les mains sur les flancs de votre chien. Vous devriez sentir les côtes assez facilement, sous une fine couche de graisse, un peu comme quand on passe les doigts sur le dos d’une main. Si vous devez appuyer fort pour les trouver, c’est un signal d’alerte.
  • Regardez-le de dessus : debout au-dessus de votre chien, vous devriez voir une taille se dessiner derrière les côtes, comme un sablier. Si le corps forme un rectangle ou s’élargit, c’est souvent du surpoids.
  • Regardez-le de profil : le ventre doit remonter vers l’arrière-train (le fameux « ventre rentré »). Un ventre qui pend au même niveau que la poitrine indique généralement un excès de graisse.

Un chien est en général considéré en surpoids quand il dépasse d’environ 10 à 15 % son poids idéal, et obèse au-delà de 20 %. Ces chiffres varient selon la race et la morphologie, d’où l’intérêt de faire confirmer votre évaluation par un vétérinaire lors d’une visite de routine.

Les risques concrets d’un excès de poids

Le surpoids n’est pas qu’une question d’esthétique, il pèse littéralement sur la santé du chien, au sens propre. Les articulations sont les premières touchées : plusieurs études montrent que les chiens en surpoids développent de l’arthrose plus tôt et plus sévèrement que leurs congénères de poids normal, notamment aux hanches, aux genoux et aux coudes. La graisse en excès n’est d’ailleurs pas un tissu inerte, elle entretient une forme d’inflammation chronique dans tout l’organisme.

  • Risque accru de diabète, l’excès de graisse favorisant une résistance à l’insuline.
  • Usure prématurée des articulations et aggravation de l’arthrose existante.
  • Difficultés respiratoires et cardiaques, surtout chez les chiens déjà prédisposés (races brachycéphales par exemple).
  • Espérance de vie réduite : la célèbre étude Purina sur des Labradors suivis pendant 14 ans a montré que les chiens maintenus à un poids idéal vivaient en moyenne près de deux ans de plus que leurs frères de portée en surpoids.

Deux ans, ramené à l’échelle d’une vie de chien, ce n’est pas rien.

Pourquoi nos chiens prennent du poids

Dans la grande majorité des cas, le surpoids ne vient pas d’un problème de santé sous-jacent mais de nos habitudes du quotidien, souvent avec les meilleures intentions du monde.

  • La suralimentation, quand on suit les portions indiquées sur le sac sans les ajuster au chien réel qu’on a devant soi, ou qu’on multiplie les friandises entre les repas.
  • Le manque d’exercice, surtout pour les chiens qui vivent en appartement ou dont les sorties se limitent à quelques minutes autour du pâté de maisons.
  • La stérilisation non compensée : après une castration ou une stérilisation, le métabolisme ralentit et les besoins énergétiques baissent d’environ 20 %. Si la ration reste la même qu’avant l’opération, la prise de poids est presque automatique.
  • L’âge qui avance, avec une activité qui diminue naturellement sans que la ration suive.

Faire perdre du poids sans frustrer son chien

La bonne nouvelle, c’est que ça se corrige, à condition d’y aller progressivement. Un régime trop brutal fait souffrir le chien, le rend irritable ou quémandeur, et finit souvent par échouer. Mieux vaut viser une perte lente et durable.

  • Réduisez les calories progressivement, par paliers de 10 à 20 % environ, plutôt que de couper drastiquement la ration du jour au lendemain. Un vétérinaire ou un(e) nutritionniste peut vous aider à calculer les bons apports.
  • Augmentez l’activité petit à petit, quelques minutes de marche en plus chaque semaine, ou une séance de jeu supplémentaire. L’idée est de bouger plus sans épuiser un chien qui n’en a pas l’habitude.
  • Remplacez certaines friandises par des morceaux de légumes (carotte, courgette) ou réduisez leur quantité, en les comptant dans la ration totale de la journée.
  • Pesez-le régulièrement, toutes les deux à quatre semaines, sur la même balance et si possible au même moment de la journée, pour suivre l’évolution sans s’affoler sur une variation ponctuale.
  • Soyez patient, une perte de poids saine chez le chien se compte en mois, pas en semaines.

Le plus important reste d’en parler à votre vétérinaire avant de changer quoi que ce soit à l’alimentation, surtout si votre chien a déjà des soucis de santé. Il pourra aussi écarter d’éventuelles causes médicales à la prise de poids, comme un souci thyroïdien, avant de mettre en place un programme adapté.

Sources

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