Un rappel fiable, même avec des distractions

Le rappel, c’est sans doute la commande la plus importante qu’on puisse apprendre à son chien. Une voiture qui arrive, un lièvre qui détale, un chien inconnu au loin qui n’a pas l’air commode : dans ces moments-là, on n’a pas le temps de négocier. On a besoin d’un chien qui revient tout de suite, peu importe ce qu’il est en train de renifler ou de courser.

Et c’est justement l’une des commandes les plus mal enseignées, ou plutôt les plus mal généralisées. Beaucoup de chiens connaissent le mot par cœur dans le salon et l’oublient complètement dès qu’il y a un écureuil à l’horizon. La bonne nouvelle, c’est qu’un rappel fiable se construit petit à petit, avec de la méthode et un peu de patience.

Pourquoi le rappel compte autant

Un chien qui répond au rappel, c’est un chien qu’on peut détacher en confiance, qu’on peut rattraper avant qu’il traverse une route ou qu’il s’approche d’un animal sauvage. C’est aussi ce qui permet de lui offrir plus de liberté au quotidien, parce qu’on sait qu’on garde un vrai contrôle sur la situation même sans laisse. À l’inverse, un chien qui n’a pas ce réflexe reste souvent condamné à la longe ou à des balades beaucoup plus limitées, pas par manque de confiance en lui, mais par manque de confiance dans son rappel.

Les erreurs classiques qui rendent le rappel négatif

Le plus souvent, si un chien ignore le rappel, ce n’est pas de la désobéissance. C’est qu’on a, sans le vouloir, associé ce mot à quelque chose de désagréable. Quelques pièges reviennent tout le temps :

  • Appeler son chien pour le gronder une fois qu’il arrive (même s’il a fait une bêtise juste avant, le rappel doit rester une bonne nouvelle).
  • Appeler uniquement pour remettre la laisse et rentrer à la maison, ce qui apprend au chien que « viens » signifie « la promenade est finie ».
  • Rappeler sans jamais récompenser, en pensant que le chien « doit » obéir sans contrepartie.
  • Répéter le mot en boucle (« viens, viens, viens, VIENS ») sans que rien ne se passe, ce qui vide la commande de son sens.

Dans tous ces cas, le chien apprend une chose simple : venir vers son humain, ça coûte cher ou ça n’apporte rien. Résultat, il traîne, il fait le sourd, il préfère continuer sa balade tout seul.

La méthode progressive qui fonctionne

On construit un bon rappel comme on construit n’importe quel apprentissage solide : en partant du plus facile pour aller vers le plus difficile, jamais l’inverse.

  • On commence dans un lieu calme, sans distraction, comme le jardin ou une pièce de la maison, où le chien a toutes les chances de réussir.
  • On passe ensuite à une longe longue (plusieurs mètres) en extérieur, qui laisse au chien une vraie liberté de mouvement tout en gardant une sécurité en cas de besoin.
  • On ne retire la laisse que lorsque le rappel fonctionne bien avec la longe, dans plusieurs endroits différents.
  • On récompense généreusement à chaque fois, même si le chien a mis du temps à revenir ou a hésité en chemin. Ce qui compte, c’est qu’il ait fini par venir.

Cette histoire de récompense même en cas de retard mérite un mot en plus. Beaucoup de gens sont tentés de bouder leur chien ou de le récompenser mollement parce qu’il a mis trente secondes à réagir. Mais du point de vue du chien, ce qui compte, c’est ce qui se passe juste après qu’il arrive. Si l’arrivée est toujours associée à quelque chose de bien, le rappel devient de plus en plus rapide avec le temps. Si on montre de l’agacement, on retombe dans le piège du rappel négatif.

Augmenter la difficulté petit à petit

Une fois le rappel bien installé dans le calme, on peut commencer à ajouter des distractions, mais toujours une par une. On rappelle son chien pendant qu’il renifle une odeur intéressante, puis pendant qu’un autre chien passe au loin, puis dans un parc plus fréquenté. Si le chien échoue, ce n’est pas un drame, ça veut simplement dire qu’on est allé trop vite et qu’il faut revenir à un niveau de distraction plus facile pendant quelques séances. L’idée, c’est de faire en sorte que le chien réussisse presque à chaque fois, pour continuer à associer le rappel à une réussite et une récompense.

Un mot sacré, à protéger coûte que coûte

Le mot de rappel doit rester intouchable. On ne l’utilise jamais pour punir, jamais pour donner un bain que le chien redoute, jamais pour couper court à un moment agréable sans rien offrir en échange. Si on a un doute sur la réaction du chien dans une situation donnée, mieux vaut aller le chercher directement plutôt que de prononcer le mot et risquer un échec. Chaque fois que le rappel ne fonctionne pas, il perd un peu de sa valeur. Chaque fois qu’il fonctionne et qu’il est récompensé, il en gagne.

Un rappel fiable ne s’improvise pas en une semaine, il se construit dans la durée, avec de la constance et beaucoup de récompenses. C’est sans doute l’investissement le plus rentable qu’on puisse faire pour la sécurité et la liberté de son chien.

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