Bravecto chez le chien : ce que dit vraiment la FDA sur ce médicament controversé

Le Bravecto fait partie des antiparasitaires les plus utilisés chez le chien : une seule prise, trois mois de protection contre les puces et les tiques, plus besoin d’y penser chaque mois. Cette simplicité en a fait un immense succès commercial, mais aussi, comme l’Apoquel, un médicament qui suscite un vrai débat quand on creuse un peu au-delà de la notice.

Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. Il ne s’agit pas de vous inciter à arrêter ce traitement du jour au lendemain, mais de vous donner de quoi poser les bonnes questions à votre vétérinaire.

Comment agit le Bravecto

Le Bravecto (nom commercial du fluralaner) appartient à la famille des isoxazolines, au même titre que le NexGard, le Simparica ou le Credelio. Ces molécules bloquent des canaux chlorure activés par le GABA et le glutamate dans le système nerveux des puces et des tiques, ce qui provoque leur paralysie puis leur mort peu après la morsure. C’est une action qui cible en principe le système nerveux des parasites, pas celui du chien.

Petite précision utile si vous avez lu notre article sur la mutation MDR1 : le fluralaner n’est pas concerné par cette mutation. Des études publiées ont spécifiquement testé le fluralaner et l’afoxolaner (NexGard) chez des colleys porteurs de la double mutation MDR1, sans risque particulier constaté, ces molécules n’étant pas transportées par la P-glycoprotéine. La controverse autour du Bravecto est donc un sujet totalement différent, qui touche potentiellement tous les chiens, MDR1 ou non.

L’alerte de la FDA sur toute la classe des isoxazolines

En septembre 2018, la FDA (l’agence américaine du médicament) a publié une alerte de sécurité concernant les quatre produits de la famille isoxazoline alors sur le marché : Bravecto, NexGard, Simparica et Credelio. Environ 5 400 signalements d’effets indésirables avaient été reçus par l’agence, décrivant des tremblements musculaires, une ataxie (perte de coordination) et des convulsions chez certains animaux traités.

Point important : la FDA a précisé que ces effets étaient observés de façon cohérente sur toute la classe des isoxazolines, pas seulement sur un produit en particulier. Ce n’est donc pas une controverse propre au Bravecto, mais à toute cette famille de molécules, aujourd’hui parmi les antiparasitaires les plus prescrits au monde.

Ce que dit la FDA en matière de nuance

La FDA n’a pas retiré ces produits du marché, et le maintient dans sa communication : ces antiparasitaires restent sûrs et efficaces pour la grande majorité des animaux. Les signes neurologiques ne sont apparus que chez un petit nombre d’animaux lors des essais cliniques, et l’agence précise ne pas pouvoir comparer précisément les taux d’effets indésirables entre les différents produits de la classe, faute de données de vente comparables.

La recommandation de la FDA est surtout d’insister sur l’examen des antécédents du chien avant prescription : un chien ayant déjà présenté des convulsions ou une maladie neurologique justifie une prudence particulière, voire le choix d’un autre type d’antiparasitaire.

Les questions à poser à votre vétérinaire

  • Mon chien a-t-il déjà présenté des convulsions ou des troubles neurologiques, même mineurs ?
  • Pour un chien à risque, existe-t-il une alternative antiparasitaire hors de la famille des isoxazolines ?
  • Quels signes doivent m’alerter dans les jours suivant l’administration ?

Comme pour l’Apoquel, il ne s’agit pas de diaboliser ce médicament : il rend un vrai service contre des parasites qui transmettent des maladies graves. Mais un chien avec des antécédents neurologiques, ou simplement un propriétaire qui préfère limiter les risques, gagne à en discuter concrètement avec son vétérinaire plutôt qu’à administrer le traitement par habitude.

Sources

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