Une affaire de trafic de chiots a été jugée le mercredi 21 octobre 2026 par le tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes, en Essonne. Deux femmes auraient acheté des teckels nains en Roumanie et en France pour les revendre par petites annonces, et un vétérinaire aurait identifié les chiots pour elles. Le parquet a requis un an de prison ferme contre la principale prévenue. Le tribunal rendra sa décision le 9 décembre. D’ici là, les trois prévenus restent présumés innocents.
À propos de cet article. Mis à jour le 23 octobre 2026. Les faits sont ceux exposés à l’audience et rapportés par l’AFP. Les chiffres varient d’un média à l’autre : nous retenons ceux de l’AFP et signalons les écarts. Nous mettrons cet article à jour après la décision.
Que s’est-il passé ?
Selon le récit de l’audience rapporté par l’AFP, l’enquête a commencé en décembre 2025, après le signalement d’un particulier : des chiots « hurlaient » dans un appartement de Leuville-sur-Orge. Huit chiots y ont été découverts dans une cage, détenus « dans de très mauvaises conditions ». Une plainte d’association a ensuite conduit à la découverte de quatre chiots dans un sac-poubelle à Brétigny-sur-Orge, le 7 janvier.
En juin, lors d’une expulsion locative dans une maison de Saulx-les-Chartreux, les gendarmes ont trouvé une trentaine de teckels nains dans des conditions insalubres, en pleine canicule. À la barre, la principale prévenue a assuré que « seuls trois chiens » étaient à elle, les autres appartenant selon elle à son ex-compagnon.
Les deux femmes, âgées de 28 et 52 ans, auraient acheté les chiots en Roumanie et en France, où ils auraient été maltraités dans des élevages clandestins, avant de les revendre sur des sites d’annonces. Les trois prévenus comparaissaient pour escroquerie en bande organisée, pour des faits commis entre décembre 2025 et juin 2026. Les deux femmes répondaient aussi d’autres infractions liées à l’élevage clandestin.
Les chiffres diffèrent selon les sources. Le Point Vétérinaire parle de cinq chiots trouvés dans le sac, et actu.fr d’une cinquantaine de teckels découverts lors de l’expulsion de juin. Nous retenons ici les chiffres de l’AFP.
Qu’a requis le parquet ?
La procureure a décrit un « trafic à un régime industriel » et « un dossier qui mêle la sophistication d’une organisation de délinquance et les sévices infligés à des animaux durant de nombreux mois ». Selon l’AFP, elle a requis :
- Contre la principale prévenue. Quatre ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis, et 50 000 € d’amende.
- Contre la seconde prévenue. Un an d’emprisonnement avec sursis et 7 000 € d’amende.
- Contre le vétérinaire. Deux ans d’emprisonnement avec sursis.
D’autres comptes rendus évoquent aussi une amende et des confiscations contre le vétérinaire, avec des montants qui ne concordent pas. L’AFP n’en parle pas, et nous ne les reprenons pas.
Le rôle reproché au vétérinaire
L’accusation présente ce vétérinaire de 70 ans, aujourd’hui retraité, comme la « pierre angulaire » du système. Il aurait servi de « chambre d’enregistrement » en identifiant plusieurs dizaines de teckels nains apportés par les deux femmes, qui utilisaient des prête-noms. En juin, une source policière citée par l’AFP le soupçonnait d’avoir pucé « pas moins de 300 teckels nains » en 2025, pour le compte de personnes aux identités « multiples et fictives » qui utilisaient les mêmes numéros de téléphone et adresses e-mail.
Le vétérinaire conteste. À l’audience, il a affirmé n’avoir jamais eu conscience d’avoir affaire à un réseau de trafiquants, selon actu.fr.
Et maintenant ?
Le procès, d’abord prévu le 24 juin, avait été renvoyé. La décision sera rendue le 9 décembre 2026. Les peines citées plus haut sont celles que le parquet a demandées : le tribunal n’est pas tenu de les suivre.
Comment des chiots de trafic peuvent avoir une puce et des papiers
Pour un acheteur, c’est le point le plus troublant du dossier. L’identification enregistre au fichier national I-CAD le numéro du chien et les coordonnées de la personne déclarée comme son détenteur (Service Public). Si ces identités sont fausses, comme le soutient l’accusation, le chiot a malgré tout un numéro valide. Vérifier que le numéro existe ne suffit donc pas : il faut aussi vérifier le vendeur.
Ce que l’affaire apprend à ceux qui cherchent un chiot
Plusieurs règles en vigueur aident à repérer ce type de vente.
- Voyez la mère. Avant chaque vente, l’éleveur doit présenter physiquement la mère du chiot au futur acheteur (Service Public). Quelqu’un qui revend des chiots achetés ailleurs n’a pas de mère à vous montrer.
- Méfiez-vous d’un particulier qui vend des chiots. Un particulier ne peut vendre qu’occasionnellement un chien adulte, et jamais par une annonce de vente en ligne (Service Public).
- Vérifiez l’âge. Un chiot ne peut être cédé qu’à plus de huit semaines (article L214-8 du code rural). En juin, le parquet reprochait aussi aux deux prévenues d’avoir trompé les acheteurs, notamment sur l’âge ou l’état de santé des chiens. Pour comprendre ce seuil, lisez notre article sur l’âge du sevrage du chiot.
- Vérifiez le numéro d’identification avant de vous déplacer. Le ministère de l’Agriculture conseille de le contrôler sur le site de l’I-CAD. Tapez vous-même l’adresse : de faux messages circulent à son nom (voir notre article sur la fuite de données de l’I-CAD).
- Exigez les documents. Attestation de cession et certificat vétérinaire de moins de 3 mois sont obligatoires (article L214-8 du code rural).
Nous détaillons toutes ces vérifications, dans l’ordre, dans notre guide pour acheter un chiot sans se faire avoir.
Questions fréquentes
Quand le jugement sera-t-il rendu ?
Le tribunal correctionnel d’Évry-Courcouronnes rendra sa décision le 9 décembre 2026. Jusque-là, les trois prévenus sont présumés innocents, et les peines évoquées sont seulement celles requises par le parquet le 21 octobre.
Un chiot pucé peut-il venir d’un trafic ?
Oui. La puce enregistre un numéro et le détenteur déclaré, pas l’élevage d’origine. Dans cette affaire, l’accusation soutient que des chiots ont été identifiés au nom de personnes fictives. Vérifiez donc aussi le vendeur : son numéro Siret ou de portée, la mère du chiot, et la carte d’identification à son nom.
Sources
- 20 Minutes avec AFP, Trafic de chiots en Essonne : Prison ferme réclamée contre la principale prévenue, 2026
- Le Point Vétérinaire (avec AFP), Trafic de teckels : un vétérinaire francilien jugé pour escroquerie en bande organisée, 2026
- actu.fr Essonne, Trafic de teckels nains en Essonne : un vétérinaire et deux femmes jugés, de la prison ferme requise, 2026
- actu.fr Essonne, Un énorme trafic de teckels entre la France et la Roumanie démantelé en Essonne, un vétérinaire impliqué, juin, 2026
- Service Public (DILA), Élevage de chiens et de chats : quelle est la réglementation ?, fiche F33452, 2026
- Service Public (DILA), Un particulier peut-il vendre ou donner des chiens ou des chats ?, fiche F34329, 2026
- Service Public (DILA), Acheter ou adopter un chien ou un chat : quelles sont les règles ?, fiche F34877, 2026
- Légifrance, Article L214-8 du code rural et de la pêche maritime, version en vigueur
- Ministère de l’Agriculture, Comment vendre ou donner un animal de compagnie ?


