Avec sa bouille ronde, sa fourrure de peluche et ses deux kilos et demi, le Spitz nain a tout du chien décoratif. C’est exactement le malentendu qui lui vaut pas mal de déconvenues. Derrière l’apparence de doudou vivant se cache un petit chien de garde, énergique, très vocal et doté d’un caractère nettement plus affirmé que sa taille ne le laisse deviner. Le connaître pour ce qu’il est vraiment évite bien des tensions, à commencer par celles avec les voisins.
Origine et histoire
Le Spitz nain, aussi appelé loulou de Poméranie ou Poméranien, tire son nom de la Poméranie, région historique aujourd’hui à cheval entre l’Allemagne et la Pologne. Il descend des grands spitz nordiques, ces chiens de ferme et de garde au poil dense et à la queue enroulée, dont la lignée remonte très loin en Europe du Nord. Sa transformation est spectaculaire : à l’origine, ces loulous pesaient une quinzaine de kilos et travaillaient. C’est en Angleterre, à partir du 18e siècle, que la sélection aristocratique les miniaturise progressivement. La reine Victoria, encore elle, en tombe amoureuse au 19e siècle et lance la mode d’un format toujours plus petit. En quelques décennies, le loulou perd plus de la moitié de son poids pour devenir le chien de compagnie qu’on connaît. Son caractère de spitz, lui, n’a pas rétréci.
Description physique
C’est l’un des plus petits chiens qui soient : environ 18 à 22 cm au garrot pour un poids de 1,8 à 3,5 kg selon les sujets. Sa silhouette est compacte et presque carrée, mais elle disparaît sous une fourrure spectaculaire. Le Spitz nain possède un double pelage, avec un sous-poil épais et laineux et un poil de couverture long et dressé, qui forme une collerette généreuse autour du cou et une queue en panache rabattue sur le dos. Sa tête, courte et pointue, avec ses petites oreilles triangulaires et ses yeux vifs, lui donne cette expression de renard miniature. Les robes sont très variées : orange, crème, noir, marron, gris-loup, blanc.
Tempérament
C’est un chien vif, curieux, attentif à tout, et bien plus endurant que son format ne le suggère. Il est très attaché à son humain de référence, sociable avec les gens comme avec les autres animaux quand il a été correctement habitué, et il n’a rien d’un chien agressif. Son gros trait de caractère, c’est la vigilance : le Spitz nain se prend très au sérieux comme gardien et signale absolument tout. Un bruit dans la cage d’escalier, un passant devant la fenêtre, une porte de voiture, et il donne l’alerte avec une voix étonnamment puissante pour son gabarit. C’est de loin le premier motif de conflit de voisinage avec cette race, et c’est un point à travailler dès l’arrivée du chiot plutôt qu’à subir. Notre article sur les aboiements excessifs explique pourquoi il faut chercher la cause avant de vouloir les faire taire.
Autre écueil fréquent : à force d’être porté et de tout se voir passer parce qu’il est minuscule, le Spitz nain développe facilement des exigences et de petites tyrannies domestiques. On lui rend service en l’éduquant exactement comme on éduquerait un grand chien.
Besoins au quotidien
Il s’accommode très bien de la vie en appartement, mais il ne faut pas confondre petite taille et absence de besoins. Le Spitz nain a une vraie énergie et réclame des sorties quotidiennes, l’occasion de marcher, de renifler et de rencontrer du monde. Comptez au moins trois quarts d’heure répartis dans la journée, et surtout de la stimulation mentale, car c’est un chien intelligent qui apprend vite et adore les petits exercices. Un Spitz qui s’ennuie est un Spitz qui aboie. Deux précautions liées à son format : attention aux chutes depuis les canapés et les bras, qui peuvent occasionner de vraies fractures, et attention aux grands chiens un peu brusques lors des rencontres.
Points de vigilance santé
- Le collapsus trachéal : c’est le point le plus caractéristique de la race. Les anneaux de cartilage de la trachée s’affaissent progressivement, ce qui provoque une toux sèche typique, souvent déclenchée par l’excitation ou par une traction sur le collier. Cela suffit à justifier l’usage d’un harnais plutôt qu’un collier chez cette race
- La luxation de la rotule, très fréquente chez les races miniatures
- Les problèmes dentaires : une mâchoire minuscule laisse peu de place aux dents, ce qui favorise le tartre et les infections. Le brossage régulier n’est pas un luxe
- Les troubles oculaires et, chez certains sujets, des épisodes d’épilepsie
- La perte de poils d’origine hormonale, parfois observée dans la race, qui mérite un avis vétérinaire plutôt qu’un changement de shampoing
Toilettage
Cette fourrure demande du travail, il faut être clair là-dessus. Un brossage complet plusieurs fois par semaine est nécessaire pour éviter les nœuds dans le sous-poil, en insistant derrière les oreilles, sous les pattes et dans la collerette. Pendant les mues, le rythme devient quotidien. Un passage occasionnel chez un toiletteur permet de désépaissir le sous-poil et de garder l’ensemble propre. En revanche, on limite les bains à un ou deux par an, car sa peau est sensible et se dessèche vite. Et surtout, on ne tond pas un Spitz nain : son double pelage régule sa température, et une tonte rase peut abîmer durablement la repousse.
Pour qui ce chien convient
Le Spitz nain convient très bien à la vie urbaine et aux logements de taille modeste, y compris pour une personne seule ou âgée, à condition d’accepter deux réalités : le brossage régulier et le travail sur les aboiements. C’est un compagnon vif, affectueux et attachant, qui suit partout et s’adapte à beaucoup de modes de vie. Il est moins indiqué dans un foyer avec de très jeunes enfants, non par méchanceté mais parce que sa fragilité physique se marie mal avec des manipulations maladroites. Il est également déconseillé si vous cherchez un chien silencieux, si vous partagez un mur mitoyen avec des voisins sensibles, ou si l’entretien du poil vous rebute.
Si vous cherchez un petit chien d’appartement au poil tout aussi fourni mais au tempérament plus posé, jetez un œil à notre fiche sur le Bichon Frisé.
Questions fréquentes
Le Spitz nain aboie-t-il beaucoup ?
Oui, c’est son grand trait de caractère : ce petit chien se prend très au sérieux comme gardien et signale tout, avec une voix étonnamment puissante pour son gabarit. C’est de loin le premier motif de conflit de voisinage avec la race. La bonne nouvelle, c’est que cela se travaille dès l’arrivée du chiot, plutôt que de le subir ensuite.
Combien pèse un Spitz nain (loulou de Poméranie) ?
C’est l’un des plus petits chiens qui soient : de 1,8 à 3,5 kg pour 18 à 22 cm au garrot. À l’origine, ces loulous pesaient une quinzaine de kilos et travaillaient ; c’est la sélection à partir du 18e siècle, notamment en Angleterre, qui les a miniaturisés. Leur caractère de spitz, lui, n’a pas rétréci.
Le Spitz nain convient-il à la vie en appartement ?
Oui, il s’accommode très bien d’un logement de taille modeste, y compris pour une personne seule ou âgée. Mais petite taille ne veut pas dire absence de besoins : il a une vraie énergie et réclame des sorties quotidiennes et de la stimulation mentale. Un Spitz qui s’ennuie est un Spitz qui aboie.
Le Spitz nain demande-t-il beaucoup d’entretien ?
Sa fourrure double demande un brossage complet plusieurs fois par semaine, quotidien pendant les mues, pour éviter les nœuds dans le sous-poil. On limite les bains à un ou deux par an car sa peau se dessèche vite. Surtout, on ne tond jamais un Spitz nain : son double pelage régule sa température et une tonte rase peut abîmer durablement la repousse.
Le Spitz nain est-il un bon chien pour une famille avec de jeunes enfants ?
Il est plutôt déconseillé dans un foyer avec de très jeunes enfants, non par méchanceté mais à cause de sa fragilité physique : une chute des bras ou une manipulation maladroite peut lui causer de vraies fractures. Il s’épanouit mieux auprès d’adultes ou d’enfants assez grands pour le manipuler avec douceur.



