Akita Inu : caractère indépendant, besoins et santé du chien japonais

L’Akita Inu, c’est le chien de la fidélité par excellence, celui qu’a immortalisé l’histoire de Hachikō, ce chien qui attendit son maître à la gare pendant près de dix ans. Derrière sa silhouette de spitz majestueux et son air impassible se cache un tempérament fort, indépendant et profondément loyal envers sa famille. C’est un chien magnifique, mais exigeant : il n’est pas fait pour tout le monde, et surtout pas pour un premier chien. Voici ce qu’il faut vraiment comprendre avant de se lancer.

Origine et histoire

L’Akita Inu est une race japonaise très ancienne, originaire de la région montagneuse d’Akita, au nord de l’île de Honshū. Chien de type spitz, il était utilisé pour la chasse au gros gibier, y compris l’ours et le sanglier, ainsi que pour la garde. Il occupe une place particulière dans la culture japonaise, où il est considéré comme un trésor national et un symbole de fidélité, de santé et de bonheur. La race a failli disparaître au 20e siècle, notamment pendant la Seconde Guerre mondiale, avant d’être reconstituée par des passionnés japonais. Il faut distinguer l’Akita Inu, japonais, de l’Akita américain, plus grand et plus lourd, issu d’une sélection distincte : ce sont aujourd’hui deux races séparées.

Description physique

C’est un grand chien puissant et bien proportionné : environ 58 à 70 cm au garrot pour 30 à 50 kg selon le sexe, la femelle étant nettement plus légère. Sa silhouette est celle d’un spitz abouti : tête large au museau relativement court, petites oreilles triangulaires bien dressées, et surtout une queue épaisse enroulée sur le dos, sa grande signature. Le poil est double, avec un sous-poil dense et un poil de couverture dur, dans des robes bien définies : rouge feu à marques blanches (le fameux urajiro), bringé, ou blanc. L’expression est calme, digne, un brin distante. Tout en lui respire la robustesse tranquille d’un chien de montagne.

Tempérament

L’Akita est un chien calme, posé et digne, très attaché à sa famille mais réservé, voire distant, avec les étrangers. Il n’est pas démonstratif comme un retriever : son affection est réelle mais pudique. C’est surtout un chien indépendant et volontaire, doté d’un fort caractère, qui ne cherche pas à plaire à tout prix et qui décide beaucoup par lui-même. Deux points de vigilance importants : un instinct de chasse marqué, qui impose de la prudence avec les petits animaux, et une tendance à la sélectivité, parfois à la franche intolérance, envers les autres chiens, en particulier du même sexe. Une sociabilisation précoce et rigoureuse est indispensable. La brutalité est totalement contre-productive avec ce chien fier : il faut de la constance, du calme et du respect mutuel.

Besoins au quotidien

L’Akita a besoin d’exercice régulier, sans être un sportif extrême : de bonnes promenades quotidiennes, variées, avec du reniflage et de la découverte, lui conviennent bien. Le vrai chantier, c’est l’éducation et la sociabilisation, à mener dès le plus jeune âge et à entretenir toute sa vie. Nos repères sur la sociabilisation du chiot sont ici particulièrement précieux, tant les premières expériences façonnent son rapport aux autres chiens et aux gens. C’est un chien qui supporte assez bien la solitude comparé à d’autres races, mais qui a besoin de faire partie de la vie de famille. Un jardin clôturé est un vrai plus, à condition qu’il vive avec les siens et non relégué dehors.

Points de vigilance santé

C’est un chien plutôt robuste, avec une espérance de vie de 10 à 13 ans, mais la race présente quelques prédispositions à connaître.

  • La dysplasie de la hanche et du coude, à limiter par le dépistage des reproducteurs
  • Les maladies auto-immunes, auxquelles la race est plus sensible que la moyenne, touchant parfois la peau ou les yeux
  • L’hypothyroïdie et certaines affections oculaires comme l’atrophie progressive de la rétine
  • Une sensibilité particulière à certains protocoles d’anesthésie, qu’il est bon de signaler à son vétérinaire

Comme toujours, s’adresser à un éleveur qui dépiste et connaît la santé de ses lignées est la meilleure garantie.

Toilettage

Son double poil demande un entretien régulier mais pas complexe. Un brossage une à deux fois par semaine suffit la plupart de l’année, avec des outils adaptés au double pelage. Mais attention aux mues : l’Akita perd son sous-poil deux fois par an de façon spectaculaire, et il faut alors brosser tous les jours pendant plusieurs semaines pour gérer le volume de poils perdus. C’est un chien naturellement propre, presque comme un chat dans son rapport à l’hygiène, et les bains restent occasionnels.

Pour qui ce chien convient

L’Akita Inu convient à un propriétaire expérimenté, calme et cohérent, qui comprend et respecte le caractère indépendant de la race, et qui s’engage sérieusement dans la sociabilisation. C’est un compagnon d’une loyauté et d’une dignité rares pour qui sait le prendre. Il est en revanche déconseillé aux débutants, aux foyers avec plusieurs chiens sans expérience de la gestion des interactions, et à ceux qui rêvent d’un chien démonstratif et facile à manier. Ce n’est pas un chien difficile par nature, mais un chien qui exige d’être compris pour ce qu’il est.

Sources

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