Un chien qui rentre de balade avec une tique accrochée derrière l’oreille, ça arrive à tout le monde, même en ville. Les puces, elles, s’invitent parfois sans qu’on ait vu le moindre bois ni la moindre herbe haute. Ces deux parasites sont minuscules, mais ils peuvent transmettre des maladies bien réelles à nos chiens. La bonne nouvelle, c’est qu’avec une prévention adaptée et les bons gestes, on limite énormément les risques.
Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre chien, contactez toujours votre vétérinaire.
Ce que les tiques peuvent vraiment transmettre
Une tique n’est pas juste une bestiole désagréable à retirer. En se nourrissant du sang de votre chien, elle peut transmettre des agents pathogènes responsables de maladies parfois sérieuses. La piroplasmose (aussi appelée babésiose) en fait partie : elle attaque les globules rouges et peut évoluer très vite, avec fatigue intense, urines foncées et fièvre. La maladie de Lyme, elle, met généralement plus longtemps à se transmettre (l’ANSES évoque un délai de fixation nécessaire avant transmission), ce qui rend le retrait rapide d’une tique d’autant plus utile. Selon les régions et les tiques rencontrées, d’autres maladies comme l’ehrlichiose existent aussi. Aucune de ces maladies n’est systématique après une piqûre, mais elles justifient qu’on prenne le sujet au sérieux plutôt que de hausser les épaules.
Les puces, pas seulement une histoire de grattage
On associe souvent les puces à de simples démangeaisons, mais chez certains chiens, une seule piqûre suffit à déclencher une réaction cutanée disproportionnée : c’est la dermatite allergique aux piqûres de puces, ou DAPP. La peau rougit, s’épaissit, les poils tombent, et le chien se gratte au sang, souvent au niveau de la croupe et du dos. Les puces peuvent aussi transmettre le tænia, un ver plat qui s’installe dans l’intestin quand le chien avale une puce infestée en se toilettant. Et parce que la grande majorité des puces vivent en réalité dans l’environnement du chien (tapis, canapé, panier) plutôt que sur lui, une infestation repérée tardivement peut mettre plusieurs mois à disparaître complètement.
Quand redoubler de vigilance dans l’année
En France, les tiques connaissent deux pics d’activité : un premier au printemps, entre mars et mai, puis un second à l’automne, entre septembre et novembre. Elles apprécient la chaleur douce et l’humidité, donc elles guettent dès que les températures remontent un peu, y compris dans les jardins et les parcs urbains, pas seulement en forêt. Les puces, elles, profitent surtout des intérieurs chauffés, ce qui veut dire qu’une infestation peut aussi démarrer en plein hiver si le chien n’est plus protégé. Autant dire qu’une protection ponctuelle « juste l’été » laisse des fenêtres de risque bien réelles.
Comment protéger son chien au quotidien
Il existe plusieurs familles de produits antiparasitaires externes, et aucune n’est meilleure dans l’absolu : tout dépend du mode de vie de votre chien, de son âge, de son poids et des parasites présents dans votre région. C’est votre vétérinaire qui est le mieux placé pour vous orienter vers la bonne option et le bon rythme d’application.
- Pipettes (spot-on) à appliquer sur la peau, en général une fois par mois
- Colliers antiparasitaires à action longue durée, plusieurs mois de protection
- Comprimés oraux, disponibles sur prescription vétérinaire, qui agissent depuis l’intérieur
- Sprays, utiles en complément avant une sortie à risque
Un point souvent oublié : traiter uniquement le chien ne suffit pas toujours contre les puces. Si l’infestation est là, il faut aussi passer l’aspirateur régulièrement et laver le panier et les textiles à haute température, sinon les larves qui logent dans l’environnement relancent le cycle.
Retirer une tique sans faire d’erreur
C’est sans doute le point sur lequel il y a le plus de fausses idées qui circulent. Il ne faut surtout pas endormir la tique avec de l’éther, de l’alcool ou de l’huile avant de la retirer. Stressée, la tique régurgite sa salive potentiellement infectée dans la peau du chien, ce qui augmente justement le risque de transmission qu’on cherche à éviter. La seule méthode recommandée consiste à utiliser un crochet à tique (aussi appelé tire-tique), en s’y prenant ainsi :
- Glissez le crochet au ras de la peau, en encadrant la tête de la tique sans pincer son abdomen
- Tournez doucement, toujours dans le même sens, sans tirer
- La tique se détache d’elle-même après quelques rotations
- Désinfectez ensuite la zone avec un antiseptique adapté
- Surveillez la peau les jours suivants : une rougeur qui s’étend justifie un avis vétérinaire
À défaut de crochet, une pince à épiler fine peut dépanner, en reproduisant le même mouvement de légère rotation. Après une balade en zone à risque, prendre deux minutes pour inspecter les oreilles, le cou, les aisselles et entre les doigts du chien reste le réflexe le plus simple et le plus efficace.
Sources
- ANSES, Pourquoi les tiques peuvent-elles être dangereuses ? Que faire si l’on est piqué ?
- ESCCAP France, Printemps : c’est le moment de renforcer la vigilance contre les tiques
- ESCCAP France, Les puces peuvent-elles transmettre des maladies aux chats et aux chiens ?
- ESCCAP France, Recommandations pour la prévention de l’infestation des chiens et des chats par les parasites externes