Les vaccins essentiels du chien : lesquels et à quel âge

Un chiot qui arrive à la maison, c’est souvent la première question qu’on se pose après le nom : quand faut-il le faire vacciner, et contre quoi exactement. Entre le vétérinaire qui parle de « primovaccination », les copains qui évoquent la toux du chenil et la mention « vaccin obligatoire » sur certains formulaires, on s’y perd vite. Voici ce qu’il faut vraiment savoir, sans jargon inutile.

Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre chien, contactez toujours votre vétérinaire.

Les vaccins essentiels, ceux que tous les chiens devraient recevoir

Les vétérinaires parlent de vaccins essentiels (ou « core vaccines » dans les recommandations internationales de la WSAVA, l’association mondiale de médecine vétérinaire des animaux de compagnie) pour désigner ceux qui protègent contre des maladies graves, très répandues, et pour lesquelles le risque existe partout, quel que soit le mode de vie du chien. En France, cela regroupe classiquement quatre maladies, réunies dans ce qu’on appelle le vaccin « CHPL » ou vaccin trivalent/tétravalent :

  • La maladie de Carré, une infection virale très contagieuse et souvent mortelle chez le chiot.
  • La parvovirose, responsable de gastro-entérites hémorragiques sévères, particulièrement dangereuse chez les jeunes chiens.
  • L’hépatite de Rubarth, une atteinte virale du foie.
  • La leptospirose, une maladie bactérienne transmise notamment par l’urine des rongeurs, qui peut aussi toucher l’humain.

À cela s’ajoute la vaccination contre la rage. Elle n’est plus systématiquement obligatoire pour un chien qui reste en France métropolitaine, mais elle le devient dès qu’on voyage à l’étranger, qu’on part en Corse ou dans certains territoires d’outre-mer, ou selon la catégorie de chien concernée. La rage reste une maladie mortelle sans traitement possible une fois déclarée, ce qui explique pourquoi elle fait partie des vaccins recommandés dans de nombreuses régions du monde.

Le calendrier de primovaccination du chiot

Chez le chiot, le système immunitaire n’est pas encore mature et les anticorps reçus de la mère (via le colostrum) peuvent interférer avec le vaccin pendant plusieurs semaines. C’est pourquoi la primovaccination se fait en plusieurs injections plutôt qu’en une seule fois. Le protocole classique, encore largement utilisé en cabinet, ressemble à ceci :

  • Une première injection vers 8 semaines.
  • Une deuxième vers 12 semaines.
  • Une troisième vers 16 semaines, pour s’assurer que la protection s’installe bien même chez les chiots dont les anticorps maternels ont mis du temps à disparaître.

Les recommandations les plus récentes de la WSAVA insistent d’ailleurs sur l’importance de cette dernière injection à 16 semaines ou plus, et suggèrent un rappel supplémentaire vers 6 mois pour les chiots qui n’auraient pas encore développé une immunité complète. Le vétérinaire adapte ce calendrier selon l’âge d’adoption du chiot, son parcours vaccinal antérieur (élevage, association) et le contexte sanitaire local.

Les rappels une fois adulte

Une fois la primovaccination terminée, un premier rappel est généralement réalisé environ un an après la dernière injection du chiot. Ensuite, la fréquence dépend du vaccin et des protocoles utilisés par votre vétérinaire : certains composants comme la leptospirose nécessitent souvent un rappel annuel, car l’immunité qu’ils confèrent est moins durable, tandis que d’autres (Carré, parvovirose, hépatite) peuvent parfois être espacés davantage chez l’adulte, selon les recommandations et le vaccin utilisé. C’est votre vétérinaire qui est le mieux placé pour établir ce rythme, en fonction de l’âge de votre chien, de son état de santé et de son mode de vie.

Les vaccins non essentiels, selon le mode de vie de votre chien

D’autres vaccins existent, dits « non essentiels », parce qu’ils ne concernent pas tous les chiens mais dépendent de leur environnement et de leurs habitudes.

  • La toux du chenil (trachéobronchite infectieuse) : recommandée, voire exigée, pour les chiens qui fréquentent des pensions, des clubs canins, des concours ou des lieux où ils croisent beaucoup d’autres chiens. Elle existe en version injectable ou en spray intranasal.
  • La piroplasmose (ou babésiose), une maladie transmise par les tiques, particulièrement présente dans certaines régions comme le Sud-Ouest ou le Massif Central. Le vaccin ne protège pas contre toutes les souches du parasite, mais il limite la gravité de la maladie chez les chiens exposés régulièrement au risque de tiques.

Ces vaccins ne sont pas automatiques : ils se discutent au cas par cas avec le vétérinaire, selon la région où vit le chien, ses sorties en forêt, ses séjours en pension ou sa vie en collectivité.

Pourquoi vacciner même un chien qui sort peu

On entend parfois : « mon chien ne sort presque pas, il n’a pas besoin de tous ces vaccins ». Le souci, c’est que les virus responsables de la maladie de Carré ou de la parvovirose ne demandent pas grand-chose pour circuler. Le parvovirus, par exemple, peut survivre plusieurs mois dans un environnement extérieur, sur un trottoir, dans un jardin, aux pattes d’un autre chien qui passe devant chez vous. Une simple sortie pour les besoins, une visite chez le vétérinaire, un contact avec un chien de passage suffisent parfois à exposer un chien non protégé. Et un chiot ou un chien âgé, dont les défenses immunitaires sont plus fragiles, encaisse rarement bien ce genre d’infection. La vaccination reste, à ce jour, le moyen le plus fiable d’éviter des maladies qui, une fois installées, sont difficiles à soigner et parfois mortelles.

Sources

À partir de quel âge peut-on vacciner un chiot ?

La primovaccination démarre généralement autour de 8 semaines, avec plusieurs rappels rapprochés jusqu’à environ 16 semaines, le temps que les anticorps maternels diminuent suffisamment pour que le vaccin soit pleinement efficace.

Un chien qui ne sort jamais a-t-il vraiment besoin d’être vacciné ?

Oui. Certaines maladies comme la parvovirose se transmettent aussi par des surfaces contaminées ramenées à la maison, et les rappels réguliers restent recommandés même pour un chien à la vie très casanière.

Que faire si j’ai oublié un rappel de vaccin ?

Contactez votre vétérinaire dès que possible. Selon le retard pris, il pourra soit reprendre le protocole normal, soit recommander de refaire une primovaccination complète.

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