Pourquoi et comment brosser les dents de son chien

On pense à la vermifugation, aux vaccins, à la qualité des croquettes. Mais la bouche de nos chiens reste souvent le grand oublié des soins du quotidien. Pourtant, les études vétérinaires sont unanimes : la santé bucco-dentaire influence bien plus que la fraîcheur de l’haleine. Elle touche au bien-être général du chien, et parfois à des organes qu’on n’aurait jamais reliés à ses dents.

Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. Un détartrage ou un problème dentaire suspecté doit toujours être évalué par un vétérinaire.

Une hygiène négligée, aux conséquences sous-estimées

La plaque dentaire se forme en moins de 24 heures sur les dents d’un chien, selon les lignes directrices de la WSAVA (World Small Animal Veterinary Association). Si on ne l’élimine pas, elle se minéralise en tartre, irrite les gencives, puis évolue vers une maladie parodontale, une infection chronique qui attaque les tissus qui soutiennent la dent. C’est l’une des pathologies les plus fréquentes chez le chien adulte.

Ce qui inquiète davantage les vétérinaires, c’est ce qui se passe ensuite. Une étude publiée dans le Journal of the American Veterinary Medical Association a montré un lien entre la sévérité de la maladie parodontale et le risque de lésions des valves cardiaques chez le chien. Les bactéries buccales peuvent en effet passer dans la circulation sanguine et atteindre d’autres organes. D’autres travaux ont aussi établi un rapport entre l’aggravation du stade parodontal et le risque de maladie rénale chronique. Rien d’alarmiste dans tout ça, juste une bonne raison de ne pas laisser traîner un tartre qui s’accumule mois après mois.

Les signes qui doivent vous alerter

Un chien ne se plaint pas spontanément d’un mal de dents. Il faut donc observer, et réagir dès les premiers signaux.

  • Une mauvaise haleine qui persiste, plus forte qu’une simple odeur de croquettes
  • Du tartre visible, souvent jaunâtre ou brunâtre, surtout sur les molaires
  • Des gencives rouges, gonflées ou qui saignent au moindre contact
  • Une difficulté à mâcher, une préférence soudaine pour les aliments mous, ou le chien qui mâche d’un seul côté
  • Une salivation excessive ou des frottements répétés du museau avec la patte

Si vous reconnaissez un de ces signes chez votre chien, direction le vétérinaire. Un examen buccal permet de savoir si un détartrage est nécessaire avant même de reprendre une routine de brossage à la maison.

Habituer son chien au brossage, étape par étape

Le brossage quotidien reste, de loin, le geste le plus efficace pour limiter la formation de plaque. Mais on ne se lance pas avec une brosse et une bouche qui n’a jamais connu ça. La clé, c’est la désensibilisation progressive.

Commencez par habituer votre chien à ce qu’on lui touche la gueule, les babines, les gencives, avec les doigts, pendant quelques secondes, en association avec une friandise ou un moment calme. Une fois cette étape acceptée sans stress, introduisez le doigtier ou une brosse souple, sans dentifrice, juste pour le contact. Puis ajoutez un peu de dentifrice spécial chien (au goût volaille ou malt, généralement), et laissez-le le goûter avant même de brosser. Progressez ensuite dent par dent, en douceur, sans forcer sur la mâchoire.

Un point non négociable : n’utilisez jamais de dentifrice humain. Il contient souvent du fluor et parfois du xylitol, une substance toxique pour le chien même à petite dose. Les dentifrices pour chiens sont formulés pour être avalés sans risque, ce qui tombe bien puisqu’aucun chien ne sait cracher.

Côté fréquence, l’idéal reste un brossage quotidien, la plaque se reformant en 24 heures. Si le quotidien n’est pas tenable, viser au minimum trois à quatre fois par semaine limite déjà bien les dégâts. Mieux vaut un brossage court et régulier qu’une longue séance stressante une fois par mois.

Les compléments utiles, mais pas des remplaçants

Le brossage reste la référence, mais certains outils viennent en renfort quand la routine n’est pas parfaite tous les jours.

  • Les friandises à mâcher dentaires, formulées pour frotter mécaniquement les dents, réduisent le dépôt de plaque quand elles sont utilisées régulièrement
  • Les jouets à mâcher adaptés à la taille et à la mâchoire du chien favorisent l’action mécanique de nettoyage, à condition qu’ils ne soient pas trop durs pour éviter de casser une dent
  • Les détartrages vétérinaires sous anesthésie restent le seul moyen de nettoyer sous la gencive, là où aucune brosse ne peut accéder, et de traiter une maladie parodontale déjà installée

Aucun de ces compléments ne remplace le brossage à la maison, et le brossage seul ne remplace pas un détartrage professionnel quand le tartre est déjà bien installé. Les deux fonctionnent ensemble, l’un limite le problème au jour le jour, l’autre corrige ce qui est déjà là.

Prendre soin des dents de son chien, ce n’est pas un luxe ni une lubie de propriétaire maniaque. C’est un geste de prévention aussi important que la vaccination, avec des bénéfices qui dépassent largement la bouche. Quelques minutes par jour, un peu de patience au début, et beaucoup moins de mauvaises surprises chez le vétérinaire plus tard.

Sources

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