Le Cocker Spaniel : caractère, santé et entretien de ce chien de chasse devenu compagnon de famille

Photo de mise en avant : BusyBee-cr from Northwest, UK, CC BY 2.0, via Wikimedia Commons.

Avec ses grandes oreilles tombantes et son regard doux, le Cocker Spaniel fait partie des chiens qu’on reconnaît entre mille. C’est aussi une des races les plus populaires en France depuis des décennies, et on comprend pourquoi : affectueux, vif, plutôt polyvalent. Mais derrière cette bouille attachante se cache un chien qui demande un vrai entretien et une éducation posée dès le départ. On vous explique tout.

Origine et histoire

Le Cocker Spaniel vient d’Angleterre, où il a été sélectionné à partir de spaniels plus anciens pour un usage bien précis : la chasse à la bécasse. En anglais, la bécasse se dit « woodcock », et c’est de là que vient le nom « cocker ». Au XIXe siècle, on distingue ce petit spaniel du « springer spaniel », plus grand, chacun étant affiné pour un gibier ou un terrain différent. La race est standardisée et reconnue par le Kennel Club anglais en 1892.

En France, c’est Paul Gaillard qui introduit la race à la fin du XIXe siècle, et le Spaniel Club Français, fondé en 1898, est encore aujourd’hui le plus ancien club de race du pays. Depuis, le Cocker a largement quitté les terrains de chasse pour devenir un chien de famille, même si l’instinct de fureter et de suivre une piste reste bien présent chez la plupart des sujets.

Description physique

Le Cocker est un chien de taille moyenne, plutôt compact et bien proportionné, avec une allure élégante sans être fragile. Ses oreilles longues et tombantes, garnies de franges soyeuses, sont sa marque de fabrique, tout comme son regard expressif. Son poil est mi-long, plat ou légèrement ondulé, avec des franges sur les pattes, les oreilles et le ventre.

Côté robes, le Cocker offre un choix impressionnant : unicolore (noir, roux, doré, chocolat…) ou bicolore et tricolore avec du blanc panaché. Cette diversité de couleurs fait d’ailleurs partie de ce qui séduit les futurs propriétaires, même si, on le verra plus loin, certaines lignées de couleur unie méritent une vigilance particulière sur le plan du comportement.

Tempérament

Le Cocker est réputé pour son caractère joyeux et son affection débordante. C’est un chien qui aime être proche de sa famille, qui a besoin de contact et qui déteste globalement la solitude prolongée. Il est aussi assez sensible, ce qui veut dire qu’il encaisse mal les méthodes d’éducation dures ou les ambiances tendues à la maison.

Il faut aussi être honnête sur un point souvent évoqué à propos de la race : la fameuse « rage du Cocker ». Ce terme désigne des accès d’agressivité soudaine et disproportionnée, qui ont surtout été documentés dans certaines lignées mal sélectionnées, en particulier chez des sujets de couleur unie (roux notamment) issus d’un élevage peu regardant sur le tempérament. Ce n’est absolument pas une fatalité pour tous les Cockers : un chiot bien né, bien socialisé et bien élevé n’a aucune raison de développer ce genre de comportement. Mais ça reste une bonne raison de choisir son élevage avec soin et de ne jamais négliger la socialisation précoce.

Besoins en exercice et activités

Le Cocker a besoin d’un exercice modéré à régulier : des balades quotidiennes, avec si possible des moments de liberté pour qu’il puisse renifler et explorer. Son passé de chien de chasse n’a pas disparu avec les générations, et beaucoup de Cockers adorent tout ce qui touche au flair.

  • Le mantrailing ou la recherche d’objets, très gratifiants pour lui
  • Les jeux de pistage dans le jardin ou en forêt
  • Le canicross ou la marche active pour les sujets les plus énergiques
  • Les jeux d’occupation à base de flair (tapis de fouille, kong)

Un Cocker qui ne se dépense pas assez, physiquement et mentalement, devient vite un chien qui aboie, qui s’agite ou qui développe des comportements gênants. Ce n’est pas un chien fait pour rester enfermé toute la journée.

Points de vigilance santé

Le souci de santé le plus fréquemment cité chez le Cocker, c’est l’otite. Ses oreilles longues et tombantes ventilent mal le conduit auditif, ce qui crée un terrain favorable aux bactéries et aux levures. C’est de loin le motif de consultation vétérinaire le plus courant chez cette race.

  • Des problèmes oculaires sont régulièrement suivis dans la race, notamment l’atrophie progressive de la rétine et la cataracte
  • Une forme de néphropathie héréditaire (maladie rénale) est identifiée chez le Cocker et fait l’objet de dépistages dans certains élevages
  • Des maladies cardiaques sont également suivies dans la race, comme chez pas mal de chiens aux oreilles tombantes
  • L’épilepsie et l’hypothyroïdie sont aussi citées parmi les affections rencontrées

Rien de tout ça ne doit faire peur, mais ça justifie de choisir un éleveur sérieux qui fait suivre ses reproducteurs, et de garder un œil attentif tout au long de la vie du chien, notamment sur ses oreilles et ses yeux.

Toilettage

Le poil mi-long du Cocker demande un entretien assez exigeant. Un brossage régulier, plusieurs fois par semaine, est nécessaire pour éviter les nœuds, surtout au niveau des franges des oreilles, des pattes et du ventre. Beaucoup de propriétaires passent chez un toiletteur professionnel tous les deux ou trois mois pour un entretien complet.

Le nettoyage des oreilles, lui, n’est pas négociable. Vu la fragilité de la race sur ce point, il faut vérifier et nettoyer les oreilles régulièrement, avec un produit adapté, et ne pas hésiter à consulter dès qu’une odeur ou des rougeurs apparaissent. C’est vraiment le geste d’entretien le plus important à prendre en habitude avec un Cocker.

Pour qui est fait ce chien ?

Le Cocker Spaniel convient bien à une famille prête à s’investir dans son quotidien : du temps pour les balades, de la patience pour le toilettage, et de la régularité pour la surveillance des oreilles et des yeux. C’est un chien qui s’épanouit dans un foyer présent, à l’aise avec les enfants s’il a été bien socialisé, et qui apprécie une éducation cohérente et douce dès le plus jeune âge.

Ce n’est probablement pas le meilleur choix pour quelqu’un qui cherche un chien à laisser seul de longues heures ou qui ne veut pas s’occuper du poil et des oreilles. Mais pour qui accepte ces contraintes, le Cocker offre en retour une présence affectueuse et un compagnon joyeux au quotidien.

Si vous hésitez encore entre plusieurs races ou que vous cherchez un profil de chien plus tourné vers le travail et l’activité physique intense, jetez aussi un œil à notre fiche sur le berger australien et le border collie, deux races qui n’ont pas du tout les mêmes besoins que le Cocker.

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