Photo de mise en avant : xJaM (talk · contribs), CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Le Husky Sibérien fait partie de ces races qui font tourner les têtes dans la rue, avec ses yeux clairs et son air de loup. Mais derrière cette allure sauvage se cache un chien qui a des besoins bien précis, hérités de milliers d’années passées à tracter des traîneaux dans le froid sibérien. On vous propose ici un tour d’horizon complet, pour savoir à quoi s’attendre si ce chien vous fait de l’œil.
Origine et histoire
Le Husky Sibérien nous vient du peuple Tchouktche, installé dans l’extrême orient sibérien, en Tchoukotka. Ces éleveurs ont façonné la race sur des générations pour obtenir un chien capable de tracter des traîneaux sur de longues distances, dans des conditions extrêmes, tout en restant sociable et facile à vivre au sein du foyer. Ce n’était pas qu’un animal de trait : il partageait la vie de la famille, gardait un œil sur les enfants et dormait parfois avec eux pour les tenir au chaud.
La race a traversé le détroit de Béring au début du 20e siècle, quand des chiens ont été importés en Alaska pour participer à des courses de traîneaux. Leur endurance a rapidement impressionné les mushers locaux, et la race s’est ensuite fait connaître mondialement grâce à un épisode resté célèbre : en 1925, des attelages de Huskies ont parcouru des centaines de kilomètres dans des conditions glaciales pour acheminer un sérum contre la diphtérie jusqu’à la ville de Nome, en Alaska, sauvant ainsi de nombreuses vies.
Description physique
Le Husky Sibérien est un chien de taille moyenne, plutôt léger et athlétique pour sa taille, construit pour l’endurance plutôt que pour la force brute. Son double poil est particulièrement dense : un sous-poil épais et isolant, recouvert d’un poil de couverture plus rêche, qui lui permet d’encaisser des températures très basses sans broncher.
Ce qui frappe le plus chez lui, ce sont ses yeux. Ils peuvent être bruns, bleus, ou même vairons (une couleur différente pour chaque œil), et cette particularité fait partie de ce qui rend la race si reconnaissable. Sous ce physique élégant se cache surtout une machine à courir : le Husky est taillé pour l’effort prolongé, pas pour le sprint, et il peut enchaîner des kilomètres sans montrer le moindre signe de fatigue.
Tempérament
C’est un chien très indépendant, ce qui surprend parfois les nouveaux propriétaires qui s’attendaient à un compagnon collé à leurs baskets. Il aime les humains, tous les humains d’ailleurs, ce qui fait de lui un très mauvais chien de garde : son instinct de meute le pousse à accueillir plutôt qu’à protéger. Un inconnu qui sonne à la porte a plus de chances de recevoir un accueil enthousiaste qu’un aboiement méfiant.
Son fort instinct de meute se traduit aussi par un grand besoin de compagnie, humaine ou canine, et par une tendance marquée à la fugue. Un Husky qui repère une occasion de partir courir ne réfléchira pas deux fois. Ce n’est pas de la désobéissance à proprement parler, c’est juste que son instinct de course prend le dessus sur tout le reste, y compris sur l’idée de revenir vers vous quand on l’appelle.
Besoins au quotidien
Ici, il n’y a pas de demi-mesure. Le Husky a besoin d’un exercice physique conséquent et régulier, pas juste une petite balade autour du pâté de maisons. On parle de vraies sorties longues, de course, de cani-rando, voire de traction si vous en avez la possibilité. Un Husky qui ne se dépense pas assez devient vite frustré, et cette frustration se traduit souvent par des bêtises à la maison.
- Une forte tendance à creuser, parfois pour se faire un trou frais où se coucher, parfois juste pour le plaisir de creuser
- Un talent certain pour repérer la moindre faille dans une clôture et s’échapper si le jardin n’est pas bien sécurisé
- Un rappel souvent difficile à obtenir, l’instinct de course prenant facilement le dessus en extérieur
Autant dire qu’un jardin bien clôturé, avec une clôture enterrée ou renforcée en bas, n’est pas un luxe mais une nécessité avec ce chien.
Points de vigilance santé
Le Husky Sibérien profite globalement d’une bonne santé et d’une belle résistance, mais quelques points méritent votre attention. Sur le plan oculaire, la race est prédisposée à des affections héréditaires comme la cataracte juvénile, qui peut apparaître dès les premiers mois de vie, ainsi qu’à l’atrophie progressive de la rétine ou la dystrophie cornéenne dans certains cas. Un suivi vétérinaire régulier des yeux est donc recommandé, surtout chez les jeunes chiens.
La dysplasie de la hanche existe aussi dans la race, même si elle est globalement moins fréquente que chez d’autres grandes races. Elle reste héréditaire, d’où l’importance de choisir un éleveur qui fait dépister ses reproducteurs. En dehors de ces points, le Husky est plutôt un chien robuste, taillé par la sélection naturelle pour encaisser des conditions difficiles.
Toilettage
Le double poil du Husky demande un brossage régulier pour rester en bon état et limiter les poils qui volent dans toute la maison. Mais c’est surtout deux fois par an, au printemps et à l’automne, que les choses se corsent : la mue devient alors très abondante, avec des touffes entières de sous-poil qui partent en quelques jours. À ce moment-là, un brossage quotidien, voire deux fois par jour, fait une vraie différence pour accélérer le processus et garder votre intérieur (et vos vêtements) présentables.
Pour qui est fait ce chien
Le Husky Sibérien convient avant tout à des personnes actives, qui aiment bouger dehors et qui disposent d’un jardin bien clôturé. Il s’épanouit dans les climats frais ou froids, sa fourrure étant conçue pour ça, et il supporte en général assez mal les fortes chaleurs. La vie en appartement, sans possibilité de se dépenser suffisamment chaque jour, ne lui rend pas service, tout comme les foyers qui recherchent avant tout un chien de garde ou un compagnon très obéissant au rappel.
En revanche, pour qui accepte de composer avec son indépendance et son besoin de dépense physique, c’est un compagnon affectueux, sociable et assez spectaculaire à vivre au quotidien.
Si vous hésitez entre plusieurs races actives, jetez aussi un œil à notre fiche sur le berger australien et le border collie, deux autres chiens qui ont besoin de se dépenser sérieusement au quotidien.


