Photo de mise en avant : Dr. Manfred Herrmann Allgemeiner Deutscher Rottweiler-Klub (ADRK) e.V. http://www.ADRK.de, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.
Le Rottweiler traîne une réputation qui lui colle à la peau depuis des décennies, celle du chien dangereux qu’on croise dans les faits divers. On va essayer de remettre les choses à leur place ici, sans tomber dans l’excès inverse non plus. C’est un chien puissant, avec un vrai passé de travail, et il mérite qu’on le présente honnêtement : ni monstre, ni gros nounours pour tout le monde.
Origine et histoire
L’histoire du Rottweiler remonte à l’époque romaine. Les légions qui traversaient l’Europe se faisaient accompagner de chiens robustes chargés de garder et de conduire le bétail destiné à nourrir les troupes. En passant par la région de Rottweil, dans le sud de l’Allemagne, ces chiens se sont croisés avec des chiens locaux, et une lignée de chien de bouvier s’est peu à peu fixée sur place.
Pendant des siècles, Rottweil est devenue une ville commerçante importante, et ces chiens ont pris le surnom de Rottweiler Metzgerhund, littéralement le chien de boucher de Rottweil. Leur travail : conduire les troupeaux vers les marchés, tirer des charrettes, et surveiller la recette du jour attachée autour du cou pour dissuader les voleurs. Un vrai chien de tous les jours, utile, endurant, pas du tout un chien d’apparat.
Avec l’arrivée du chemin de fer au 19e siècle, le transport de bétail à pied a disparu, et la race a bien failli s’éteindre faute d’utilité. Elle a été relancée grâce à des passionnés et reconnue officiellement en Allemagne en 1892. Le Rottweiler s’est alors reconverti en chien de police, de garde et d’utilité militaire, un rôle qui a renforcé sa réputation de chien fiable mais impressionnant. En France, la reconnaissance officielle est arrivée bien plus tard, en 1970.
Description physique
Impossible de se tromper devant un Rottweiler : c’est un chien de grand gabarit, très musclé, avec une ossature solide et une allure qui impose le respect. Le mâle mesure entre 60 et 68 cm au garrot pour 50 à 60 kg, la femelle est un peu plus fine, entre 55 et 63 cm pour 35 à 48 kg. La tête est large, puissante, avec un stop bien marqué et des mâchoires impressionnantes.
La robe est toujours noir et feu, avec des marques bien délimitées sur les joues, le museau, la poitrine, les pattes et sous la queue. Le poil est court, dur, plaqué au corps, avec un sous-poil qui varie selon les individus et le climat. Cette allure massive donne une impression de force tranquille, ce qui correspond assez bien, on va le voir, au tempérament réel de la race.
Tempérament
Contrairement à l’image qu’on lui colle souvent, un Rottweiler bien né et bien socialisé est en général un chien calme, posé, presque flegmatique au quotidien. Ce n’est pas un chien nerveux qui aboie sur tout ce qui bouge. Il observe, il analyse, et il agit rarement sans raison. C’est aussi un chien profondément loyal à sa famille, avec un attachement fort et un vrai instinct de protection du foyer.
Il faut être honnête : sa réputation médiatique est largement exagérée, mais elle n’est pas sortie de nulle part non plus. C’est un chien capable d’une force et d’une détermination considérables, et un Rottweiler mal socialisé, mal éduqué ou maltraité peut effectivement devenir dangereux, comme n’importe quel chien de ce gabarit d’ailleurs. La différence entre le compagnon fiable et le chien à problème se joue presque entièrement dans l’éducation et les premiers mois de vie, pas dans un trait de caractère inné et incontrôlable.
Besoins au quotidien
Le Rottweiler a besoin d’un exercice régulier, sans pour autant demander des heures de sport intensif comme certains chiens de troupeau. Des balades quotidiennes, un peu de jeu, et éventuellement des activités structurées comme l’obéissance ou le mantrailing suffisent à le satisfaire, à condition que ce soit régulier.
- Une socialisation précoce et large, avec d’autres chiens, des enfants, des inconnus et des environnements variés, dès les premières semaines
- Une éducation cohérente, avec des règles claires posées tôt et tenues dans la durée
- Des sorties quotidiennes, sans forcément chercher la dépense sportive extrême
- Un accompagnement professionnel (éducateur canin) fortement recommandé, surtout pour un premier chien de ce gabarit
On le dit clairement : ce n’est pas un chien pour un débutant livré à lui-même. Non pas qu’il soit ingérable, mais parce que les conséquences d’une éducation ratée sont beaucoup plus lourdes avec un chien de cette puissance qu’avec un petit gabarit. Se faire accompagner par un professionnel dès l’arrivée du chiot n’est pas un luxe, c’est presque une évidence.
Points de vigilance santé
Comme beaucoup de grandes races à croissance rapide, le Rottweiler est concerné par plusieurs points de vigilance qui reviennent régulièrement :
- Dysplasie de la hanche et du coude, favorisée par le gabarit et la masse musculaire importante, d’où l’intérêt de faire radiographier les reproducteurs
- Certains cancers un peu plus fréquents dans la race, notamment l’ostéosarcome (cancer des os) et l’hémangiosarcome
- Des problèmes cardiaques possibles, dont la cardiomyopathie dilatée, ce qui justifie un suivi cardiaque chez l’adulte
- Des soucis oculaires plus occasionnels, comme la cataracte ou l’entropion
Rien de tout ça n’est une fatalité pour chaque individu, mais ça mérite d’être su avant l’adoption. Choisir un élevage sérieux qui teste ses reproducteurs, et maintenir un suivi vétérinaire régulier tout au long de la vie du chien, réduit vraiment les risques.
Toilettage
Bonne nouvelle de ce côté-là : le Rottweiler a un poil court qui ne demande pas grand-chose. Un brossage hebdomadaire suffit la plupart du temps pour enlever les poils morts et garder le pelage propre, avec un peu plus d’attention pendant les périodes de mue. Pas de toilettage sophistiqué à prévoir, juste de la régularité et un œil sur les oreilles et les griffes comme pour n’importe quel chien.
Pour qui ce chien convient
Le Rottweiler convient à un propriétaire expérimenté, capable d’assumer la responsabilité qui va avec le gabarit du chien et avec l’image qu’il renvoie, qu’on le veuille ou non. Selon les pays, et parfois les communes, certaines réglementations encadrent la possession de chiens perçus comme potentiellement dangereux, avec des obligations à connaître avant l’adoption : permis de détention, assurance, muselière dans certains lieux publics. Ça fait partie du package quand on choisit cette race, et mieux vaut se renseigner localement avant plutôt qu’après.
Pour qui accepte ces contraintes et met le temps nécessaire dans l’éducation, le Rottweiler offre en retour un compagnon calme, loyal et rassurant au quotidien. Un chien qui demande du sérieux, mais qui le rend bien.
Si vous vous intéressez à d’autres profils de chiens de travail, avec cette fois beaucoup plus d’énergie à canaliser, jetez aussi un œil à notre fiche sur le berger australien et le border collie, ça permet de bien comparer les besoins selon les races.


