Mon chien a peur des feux d’artifice et des orages : comment l’aider

Le 14 juillet et les nuits de Nouvel An restent les pires moments de l’année pour beaucoup de chiens : tremblements, halètement, tentative de fuite, chien collé contre les jambes ou caché sous un meuble. La peur des feux d’artifice et des orages est l’une des phobies les plus fréquentes chez le chien, et heureusement l’une de celles qu’on peut vraiment atténuer avec de la patience.

Pourquoi les feux d’artifice terrifient autant certains chiens

L’ouïe du chien est bien plus sensible que la nôtre, à la fois en intensité et en gamme de fréquences. Une détonation que nous trouvons simplement forte peut lui arriver comme une agression sensorielle brutale. Ajoutez à cela l’imprévisibilité (impossible d’anticiper le prochain bruit), l’absence de cause visible identifiable, et parfois des vibrations ressenties dans le sol : le cocktail est anxiogène pour un animal qui ne peut ni comprendre ni contrôler la situation.

Le mythe qu’il faut abandonner : « le consoler renforce sa peur »

Cette idée reçue a la vie dure, mais elle repose sur une confusion. Le renforcement (au sens du conditionnement) s’applique à des comportements volontaires, pas à des émotions. Un chien qui a peur ne « choisit » pas d’avoir peur pour obtenir une récompense : la peur est une réponse émotionnelle automatique, pas un comportement appris. Le rassurer calmement ne va donc pas lui apprendre à avoir davantage peur la prochaine fois. Ce qui compte, c’est de rester vous-même calme : un chien perçoit très bien le stress de son humain, et une réaction paniquée de votre part peut au contraire aggraver la sienne.

Que faire le soir même

  • Fermez volets et rideaux pour atténuer les flashs lumineux, et mettez un fond sonore (télévision, musique) pour couvrir une partie du bruit
  • Aménagez un espace refuge accessible en permanence : une caisse ouverte, un coin sous un meuble, une pièce sans fenêtre où le chien peut se retirer de lui-même
  • Sortez le chien promener avant la tombée de la nuit, en laisse, harnais bien ajusté : c’est le soir où le plus de chiens paniqués s’échappent et se perdent
  • Restez disponible et calme s’il vient chercher du contact, sans pour autant le forcer à sortir de sa cachette s’il préfère rester seul
  • Évitez absolument de le gronder s’il tremble ou se cache : il ne fait qu’exprimer une peur réelle

Travailler la peur sur le long terme : la désensibilisation

En dehors des périodes à risque, il est possible de désensibiliser progressivement un chien aux bruits d’orage ou de feux d’artifice, grâce à des enregistrements sonores disponibles facilement. Le principe : faire écouter le son à un volume très faible, dans un contexte agréable (jeu, friandises), sans jamais déclencher de réaction de peur. Le volume n’est augmenté que très progressivement, sur plusieurs semaines, toujours en restant sous le seuil qui déclenche l’anxiété. Cette méthode demande de la régularité mais donne de vrais résultats à moyen terme, contrairement à une exposition brutale le soir même qui ne fait que renforcer l’association bruit-danger.

Les aides complémentaires

Diffuseurs de phéromones apaisantes, vestes de compression (qui exercent une pression continue rassurante, sur le même principe qu’un emmaillotage), ou compléments à base de plantes peuvent aider certains chiens en complément des mesures ci-dessus. Ils ne remplacent pas le travail de fond mais peuvent réduire l’intensité de la réaction le temps que la désensibilisation progresse.

Quand consulter

Si la peur est telle que le chien se blesse en tentant de fuir, refuse de sortir plusieurs jours après l’événement, ou présente une anxiété généralisée qui déborde largement le cadre des bruits forts, une consultation avec un vétérinaire comportementaliste s’impose. Un traitement médicamenteux peut être prescrit en complément d’un travail comportemental, jamais comme solution isolée : seul un vétérinaire peut évaluer ce qui convient à votre chien.

Sources

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