Une balade dans un champ ou sur un chemin bordé d’herbes hautes et sèches, et voilà qu’un chien se met à boiter, à secouer frénétiquement la tête ou à éternuer sans s’arrêter. Le coupable est souvent minuscule et passe facilement inaperçu : l’épillet, cette petite graine sèche en forme de flèche qui s’accroche au pelage. Anodin en apparence, il peut pourtant migrer sous la peau et causer de vrais dégâts s’il n’est pas retiré à temps.
Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. En cas de doute sur la santé de votre chien, contactez toujours votre vétérinaire.
Qu’est-ce qu’un épillet, et pourquoi il pose problème
Un épillet est l’inflorescence sèche de certaines graminées, le plus souvent l’orge des rats (Hordeum murinum) ou des bromes, très courantes en bord de chemin et dans les friches. Sa forme en fer de lance et ses barbules toutes orientées dans le même sens lui permettent d’avancer dans les tissus, mais jamais de reculer. Une fois accroché au pelage, il peut donc s’enfoncer progressivement dans la peau, migrer sous les tissus et provoquer des abcès parfois loin de son point d’entrée initial.
Les zones à vérifier après chaque balade
Un épillet peut se loger presque n’importe où, mais certains endroits sont bien plus exposés que d’autres. Les signes diffèrent selon la zone touchée :
- Entre les coussinets et les doigts : le chien se met soudainement à boiter ou à lécher insistamment une patte, parfois avec un petit gonflement ou un point d’entrée visible.
- Les oreilles : secouements de tête violents et répétés, tête penchée d’un côté, chien qui gratte son oreille. L’épillet est souvent profond dans le conduit et difficile à voir sans matériel adapté.
- Le nez : crises d’éternuements soudaines et intenses après avoir reniflé de l’herbe sèche, parfois accompagnées d’un peu de sang.
- Les yeux : œil qui reste mi-clos, rougeur, larmoiement abondant.
- La bouche et la gorge : toux, hoquets ou chien qui se frotte le museau avec la patte, moins fréquent mais possible si un fragment a été inhalé ou avalé.
La période où redoubler d’attention
Le risque grimpe nettement entre mai et septembre, avec un pic entre juin et août, lorsque les graminées sèchent et que leurs épillets se détachent facilement au moindre contact. Les chemins bordés de hautes herbes, les champs fauchés récemment et les friches sont les zones les plus concernées. Les chiens à poils longs ou frisés, et les races à oreilles tombantes, sont particulièrement exposés, mais aucun chien n’est totalement à l’abri.
Que faire si vous suspectez un épillet
Si vous repérez un épillet superficiel, accroché dans le pelage ou juste sous la peau à un endroit accessible, il peut parfois être retiré avec une pince à épiler propre, en tirant doucement dans l’axe d’entrée. En revanche, dès que le symptôme touche une oreille, le nez, un œil ou qu’il ne s’améliore pas rapidement, une consultation vétérinaire s’impose sans attendre. Plus un épillet reste en place longtemps, plus il progresse dans les tissus, et un retrait tardif nécessite parfois une sédation ou une anesthésie générale avec un endoscope pour aller le chercher en profondeur.
Comment réduire le risque
- Privilégiez les chemins tondus ou dégagés plutôt que les hautes herbes sèches pendant la période à risque
- Inspectez le chien à chaque retour de balade : entre les doigts, les oreilles, les aisselles et l’ensemble du pelage
- Pour les chiens à poils longs ou frisés, gardez le poil court entre les coussinets en été
- Tondez régulièrement votre jardin si votre chien y a accès
- N’attendez pas si un symptôme apparaît : un épillet ne ressort jamais tout seul