Chenilles processionnaires du pin : un vrai danger pour votre chien

Une file de chenilles alignées les unes derrière les autres au pied d’un pin, ça peut sembler curieux plus qu’inquiétant. Pourtant, chez le chien, le contact avec une chenille processionnaire du pin peut provoquer en quelques minutes des blessures sérieuses, voire une réaction allergique grave. Voici ce qu’il faut savoir pour reconnaître le danger et réagir correctement.

Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. En cas de contact suspecté, contactez immédiatement votre vétérinaire ou un centre antipoison vétérinaire.

Qu’est-ce que la chenille processionnaire du pin

La chenille processionnaire du pin (Thaumetopoea pityocampa) est la larve d’un papillon de nuit qui installe ses nids, de grosses poches blanchâtres ressemblant à du coton, dans les branches des pins. Elle tire son nom de son comportement caractéristique : en fin d’hiver et au printemps, les chenilles quittent leur nid en file indienne pour aller s’enterrer dans le sol, souvent au pied de l’arbre, avant de se transformer en papillon. C’est durant cette période de déplacement au sol qu’un chien risque le plus d’entrer en contact avec elles.

Pourquoi elle est aussi dangereuse pour un chien

Ces chenilles sont couvertes de milliers de poils urticants microscopiques, chargés d’une substance très irritante. Un chien curieux qui les renifle ou les prend en gueule pour jouer, un réflexe fréquent chez lui, se retrouve exposé directement au niveau de la langue, des babines et du museau. Selon l’Anses, le contact peut provoquer une inflammation locale intense pouvant aller jusqu’à une nécrose partielle des tissus de la langue dans les cas les plus sévères. Le risque le plus grave reste la réaction allergique, capable de déclencher un œdème de Quincke ou un choc anaphylactique.

Les signes qui doivent alerter

  • Salivation soudaine et abondante
  • Le chien se frotte frénétiquement le museau avec les pattes
  • Gonflement rapide de la langue, des babines ou du museau
  • Langue qui devient rouge, puis parfois bleuâtre ou qui semble se nécroser en quelques heures
  • Vomissements, abattement
  • Dans les cas les plus graves : difficultés respiratoires, signes de choc

Ces signes apparaissent généralement très vite après le contact, en quelques minutes à quelques heures.

Que faire en cas de contact

La seule réaction fiable est d’emmener le chien en urgence chez un vétérinaire, ou de contacter un centre antipoison vétérinaire si le cabinet habituel est fermé. En attendant, évitez de frotter la zone touchée, ce qui a tendance à faire pénétrer davantage les poils urticants dans les tissus, et empêchez le chien de se lécher ou de se gratter le museau. Manipulez-le avec des gants si possible : ces poils sont également irritants pour la peau humaine.

Où et quand le risque est le plus présent

La période de descente des chenilles au sol se situe généralement entre janvier et avril en France, avec des variations selon les régions et les hivers. Le risque est concentré autour des pins, en forêt comme dans les jardins, parcs et bords de route où l’arbre est présent. Les nids cotonneux visibles dans les branches en hiver sont un bon indice de présence, mais le danger principal vient des chenilles au sol ou des poils urticants qui peuvent rester actifs longtemps après leur passage, y compris sur l’herbe ou dans la terre.

Comment réduire le risque

  • Gardez le chien en laisse à proximité des pins pendant la période de descente, surtout en forêt et dans les parcs
  • Évitez de laisser le chien renifler ou approcher une file de chenilles, même immobile
  • Renseignez-vous auprès de votre mairie sur d’éventuels traitements ou pièges installés sur les pins de votre commune
  • Si vous avez des pins sur votre propriété, des écopièges (colliers autour du tronc) permettent d’intercepter les chenilles avant qu’elles n’atteignent le sol
  • Restez vigilant même après la période de descente : les poils urticants tombés au sol gardent leur pouvoir irritant pendant plusieurs mois

Sources

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