Les gestes de premiers secours à connaître pour son chien (étouffement, réanimation)

Un chien qui s’étouffe devant vous, qui s’effondre sans réagir ou qui convulse sur le sol : ce sont des scènes qui font perdre tous ses moyens, même aux propriétaires les plus posés. Pourtant, dans ces minutes qui semblent interminables, quelques gestes simples et bien exécutés peuvent réellement faire la différence en attendant une prise en charge vétérinaire. Cet article détaille les techniques de premiers secours reconnues pour l’étouffement, l’arrêt cardio-respiratoire, les hémorragies et les convulsions chez le chien. Il complète notre article sur les signes qui doivent vous envoyer en urgence chez le vétérinaire, qui vous aide à repérer qu’il faut agir vite. Ici, on va plus loin en expliquant concrètement quoi faire pendant que vous filez à la clinique ou que vous attendez de l’aide.

Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. Ces gestes sont des premiers secours en attendant une prise en charge professionnelle, jamais un traitement. En cas de doute, contactez immédiatement votre vétérinaire ou le 3115.

En cas d’étouffement

Un chien qui s’étouffe panique, gratte sa gueule avec sa patte, tousse sans y parvenir ou reste étrangement silencieux, et ses muqueuses (gencives, langue) peuvent virer au bleu si l’air ne passe plus du tout. Avant toute manipulation, ouvrez délicatement sa gueule pour regarder au fond de la gorge et balayer avec les doigts si vous apercevez un objet, en restant prudent : un chien qui suffoque peut mordre par réflexe, même le plus doux des compagnons. Si l’objet n’est pas accessible, la manœuvre de Heimlich adaptée au chien peut permettre de le déloger. Pour un petit chien, tenez-le contre vous, dos contre votre torse, placez vos mains jointes juste derrière la dernière côte et effectuez une poussée ferme vers le haut et l’arrière, cinq fois de suite, avant de revérifier la gueule. Pour un grand chien, placez-vous derrière lui, passez vos mains de chaque côté des flancs jusqu’à les joindre sous son ventre, juste derrière le sternum, et effectuez cinq compressions abdominales rapides. Si l’objet résiste encore, vous pouvez alterner avec cinq claques fermes entre les omoplates et, pour un petit chien, le tenir la tête en bas quelques secondes pour laisser la gravité agir. Une fois l’objet expulsé, même si votre chien semble aller mieux, une consultation vétérinaire reste indispensable : ces manœuvres sont assez brutales et peuvent causer des lésions internes, notamment au niveau des côtes.

Vérifier la conscience et la respiration

Avant d’envisager un massage cardiaque, il faut d’abord savoir si votre chien en a réellement besoin. Appelez-le par son nom, tapez des mains ou claquez des doigts près de son oreille : s’il ne réagit pas du tout, il est inconscient. Observez ensuite sa cage thoracique pendant une dizaine de secondes en vous plaçant près de sa truffe pour sentir le souffle et repérer un éventuel mouvement de la poitrine. Un chien inconscient qui respire encore n’est pas en arrêt cardiaque : ne pratiquez surtout pas de réanimation dans ce cas. Installez-le plutôt en position latérale de sécurité, sur le flanc droit, pattes étendues, tête légèrement en arrière et alignée avec le cou, langue tirée vers l’extérieur et gueule entrouverte pour dégager les voies respiratoires. Retirez son collier, couvrez-le d’une couverture pour limiter la perte de chaleur, et surveillez sa respiration en continu jusqu’à l’arrivée de l’aide. Si en revanche il ne respire plus du tout, passez immédiatement aux gestes de réanimation décrits ci-dessous.

Le massage cardiaque et la réanimation

La réanimation cardio respiratoire ne s’entreprend que si le chien est inconscient, ne respire plus et ne présente plus de pouls fémoral perceptible (à chercher sur la face interne de la cuisse pendant 5 à 10 secondes). Dans ce cas, chaque seconde compte : commencez le massage cardiaque sans attendre. La position des mains dépend de la morphologie de votre chien. Pour un chiot ou un petit chien, entourez son thorax des deux mains, pouces placés derrière la pointe des coudes, et comprimez en refermant les mains autour de la cage thoracique. Pour un chien de taille moyenne, placez une main à plat sous le thorax et l’autre en parallèle juste derrière la pointe du coude, puis comprimez avec le talon des mains. Pour un grand chien, placez le talon d’une main sur la partie la plus large du thorax et l’autre main par dessus, bras tendus. Dans tous les cas, la compression doit enfoncer le thorax d’environ un tiers à la moitié de son épaisseur, à un rythme de 100 à 120 compressions par minute. Toutes les 30 compressions, faites une pause pour deux insufflations bouche à truffe : refermez la gueule de votre chien, placez votre bouche autour de ses narines et soufflez jusqu’à voir sa poitrine se soulever. Poursuivez cette alternance sans interruption jusqu’à ce que le chien reprenne une respiration spontanée ou jusqu’à la prise en charge par un vétérinaire. Si vous n’êtes pas seul, demandez à quelqu’un d’appeler la clinique pendant que vous poursuivez les gestes, ou appelez vous même avant de prendre la route dès que possible : prévenue à l’avance, l’équipe vétérinaire peut se préparer à recevoir votre chien et gagner des minutes précieuses dès votre arrivée.

Arrêter une hémorragie

Face à un saignement externe important, le premier réflexe est la compression directe : appuyez fermement sur la plaie avec une compresse stérile ou, à défaut, un linge propre, en maintenant la pression sans relâcher. Si vous devez garder les mains libres, transformez la compression en pansement compressif en recouvrant la plaie d’un tissu épais maintenu par une bande élastique bien serrée, sans couper complètement la circulation. Un point essentiel : si un objet est planté dans la plaie, ne le retirez jamais. Il agit souvent comme un bouchon qui limite le saignement, et son retrait peut aggraver l’hémorragie d’un coup. Dans ce cas, exercez la compression tout autour de l’objet, sans appuyer dessus, et laissez le vétérinaire le retirer. Le garrot ne doit être utilisé qu’en dernier recours, pour une hémorragie massive sur un membre ou la queue, lorsque la compression directe est inefficace ou impossible. Il se place à quelques centimètres au dessus de la plaie, jamais sur une articulation, et l’heure de sa pose doit être notée et signalée au vétérinaire, car un garrot laissé trop longtemps peut endommager les nerfs et les tissus de façon irréversible, jusqu’à l’amputation. Dans tous les cas d’hémorragie qui ne s’arrête pas, direction la clinique vétérinaire sans attendre.

En cas de convulsions

Voir son chien convulser est extrêmement impressionnant, mais la priorité est de garder son calme pour agir efficacement. Ne mettez jamais la main ni un objet dans sa gueule : contrairement à une idée reçue, un chien ne peut pas avaler sa langue, et il pourrait vous mordre involontairement pendant la crise sans en avoir conscience. Concentrez vous plutôt sur la sécurisation de son environnement immédiat : écartez les meubles à angles saillants, les objets qui pourraient tomber, et éloignez le des escaliers si besoin, sans jamais le contraindre par la force. Baissez si possible l’intensité lumineuse et le bruit ambiant, qui peuvent accentuer la crise. Chronométrez précisément la durée des convulsions dès qu’elles commencent : cette information sera précieuse pour votre vétérinaire. La plupart des crises durent entre trente secondes et deux minutes et s’arrêtent d’elles mêmes. Une crise qui dépasse cinq minutes, ou plusieurs crises qui se succèdent en moins de vingt quatre heures, constitue une urgence absolue : contactez immédiatement votre vétérinaire ou le 3115. Une fois la crise terminée, votre chien peut rester désorienté quelques minutes : parlez lui doucement, maintenez un environnement calme et laissez le récupérer avant de le manipuler.

Le kit de premiers secours de base

  • Des compresses stériles et une bande adhésive ou cohésive
  • Un désinfectant adapté aux animaux (chlorhexidine ou Bétadine diluée), à ne jamais remplacer par un antiseptique pour humains sans l’avis de votre vétérinaire
  • Du sérum physiologique pour rincer une plaie ou les yeux
  • Un thermomètre rectal
  • Une seringue sans aiguille pour administrer un liquide ou rincer une plaie
  • Un crochet ou une pince à tiques
  • Une couverture ou une couverture de survie pour limiter la perte de chaleur
  • Des gants à usage unique
  • Le numéro de votre vétérinaire habituel et celui du 3115, notés bien en évidence ou enregistrés dans votre téléphone
  • Une vérification régulière des dates de péremption des produits de la trousse

Sources

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