Le Berger Allemand : origine, caractère, santé et besoins de ce chien de travail

Photo de mise en avant : gomagoti, CC BY-SA 2.5, via Wikimedia Commons.

Le Berger Allemand fait partie de ces races qu’on croit connaître par cœur tellement on en a croisé, à la télé, dans la rue, chez les gendarmes ou les maîtres-chiens. Et pourtant, derrière l’image du chien policier bien droit sur ses pattes, il y a une race beaucoup plus nuancée, avec un vrai besoin de cadre et d’activité. On vous propose ici un tour d’horizon complet, pour savoir à quoi s’attendre si ce chien vous fait de l’œil.

Origine et histoire

Le Berger Allemand naît officiellement à la fin du 19e siècle, en Allemagne. On doit beaucoup à un homme, Max von Stephanitz, qui a voulu fixer une race de berger unique à partir de différentes lignées régionales (notamment les bergers de Thuringe et du Wurtemberg), à une époque où l’élevage traditionnel commençait à décliner avec l’industrialisation. En 1899, il fonde le club de la race et pose les bases d’une sélection rigoureuse, centrée sur les capacités de travail plutôt que sur l’apparence.

Très vite, le Berger Allemand dépasse son rôle de chien de troupeau. Sa polyvalence, son intelligence et sa capacité d’apprentissage en font un candidat naturel pour l’armée et la police, dès le début du 20e siècle. C’est cette double casquette, berger et chien de travail, qui a façonné le tempérament qu’on lui connaît aujourd’hui : un chien fait pour avoir une mission.

Description physique

C’est un chien de grande taille, musclé sans être massif, avec une silhouette qui donne une impression de puissance tranquille. Le mâle mesure environ 60 à 65 cm au garrot pour 30 à 40 kg, la femelle un peu moins, autour de 55 à 60 cm pour 22 à 32 kg. La ligne de dos légèrement inclinée vers l’arrière-train est typique de la race, tout comme les oreilles bien droites et dressées.

La robe la plus connue est le fameux noir et feu, mais on trouve aussi des sujets entièrement noirs, gris ou sable. Le poil peut être court (variété la plus répandue) ou mi-long, avec un sous-poil dense qui protège des variations de température.

Tempérament

Le Berger Allemand est réputé pour son intelligence, et ce n’est pas usurpé. Il comprend vite, retient facilement les ordres, et cherche en général à faire plaisir à son humain de référence. C’est aussi un chien profondément loyal, qui s’attache fort à sa famille et développe naturellement un instinct de protection du foyer.

Cette même intelligence peut se retourner contre nous si elle n’est pas bien canalisée. Un Berger Allemand qui s’ennuie ou qui n’a pas de repères clairs peut devenir anxieux, voire un peu dominant dans ses réactions. Il a besoin d’un cadre ferme et cohérent, posé avec calme, pas avec des cris ou des rapports de force. C’est un chien qui respecte l’autorité tranquille, pas l’autoritarisme.

Besoins au quotidien

On ne va pas se mentir : ce n’est pas un chien de canapé. Il a besoin de dépense physique conséquente tous les jours, mais surtout de dépense mentale. C’est un chien qui a été sélectionné pendant plus d’un siècle pour travailler, alors lui donner une simple promenade ne suffit généralement pas à le satisfaire pleinement.

  • Des balades longues et variées, avec des moments de liberté quand c’est possible
  • Des activités structurées : obéissance, pistage, agility, ou tout simplement des jeux d’intelligence à la maison
  • Une socialisation précoce, dès le plus jeune âge, avec d’autres chiens, des humains variés et des environnements différents
  • Une présence régulière : c’est un chien qui vit mal la solitude prolongée

La socialisation mérite d’être soulignée. Un Berger Allemand mal socialisé peut développer de la méfiance envers les inconnus, ce qui, combiné à son gabarit et à son instinct protecteur, peut vite poser problème. Investir du temps là-dessus dans les premiers mois change tout pour la suite.

Points de vigilance santé

Comme pour beaucoup de grandes races, certains points méritent une attention particulière. Voici ceux qui reviennent le plus souvent chez le Berger Allemand :

  • Dysplasie de la hanche et du coude : c’est probablement le point le plus suivi dans cette race, au point que beaucoup d’élevages sérieux font systématiquement radiographier les reproducteurs avant toute mise à la reproduction
  • Myélopathie dégénérative : une maladie neurologique progressive qui touche surtout les chiens plus âgés, pour laquelle un test génétique existe désormais
  • Troubles digestifs : sensibilité gastrique, insuffisance pancréatique exocrine, et un risque de torsion d’estomac à ne jamais négliger chez un chien de ce gabarit
  • Problèmes de peau et allergies, assez fréquents également

Rien de tout ça n’est une fatalité. Un suivi vétérinaire régulier, une alimentation adaptée et le fait de choisir un élevage qui sélectionne sérieusement ses reproducteurs réduisent considérablement les risques. Mais autant le savoir avant d’adopter, pour ne pas être pris de court.

Toilettage

Le Berger Allemand mue, et pas qu’un peu. Avec son double poil, il perd du sous-poil toute l’année, avec deux grosses périodes de mue au printemps et à l’automne où la maison se couvre littéralement de poils. Un brossage régulier, deux à trois fois par semaine en temps normal et presque quotidien en période de mue, limite les dégâts et garde le pelage en bonne santé. En dehors de ça, c’est un chien assez facile d’entretien : pas besoin de toilettage sophistiqué, juste de la régularité.

Pour qui ce chien convient

Le Berger Allemand est un formidable compagnon, mais on ne va pas le conseiller à tout le monde. Il convient bien à des propriétaires qui ont déjà un peu d’expérience avec les chiens, qui ont du temps à consacrer à l’éducation et à l’exercice quotidien, et qui sont prêts à s’investir dans une vraie relation de travail avec leur chien plutôt que dans une présence purement décorative. Si vous cherchez un chien facile à qui on demande peu, ce n’est probablement pas le bon choix. Mais si vous voulez un partenaire intelligent, loyal, capable de vous suivre dans à peu près tout ce que vous entreprenez, difficile de trouver mieux.

Si vous hésitez entre plusieurs races de bergers, ou si vous vous demandez ce que donne un croisement entre deux chiens de troupeau, allez donc jeter un œil à notre fiche sur le berger australien et le border collie, ça complète bien ce qu’on vient de voir ici.

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