Si vous vivez dans le sud de la France ou que vous y partez en vacances avec votre chien, il y a une maladie qu’il vaut mieux connaître avant d’y être confronté : la leishmaniose. Elle se transmet par la piqûre d’un moucheron discret, elle peut mettre des années à se déclarer, et surtout, on ne la guérit pas définitivement. Autant dire que la prévention n’est pas un détail.
Cet article a un but informatif et ne remplace pas une consultation vétérinaire. Si vous vivez en zone à risque, parlez de la prévention avec votre vétérinaire, qui connaît la situation locale.
Le phlébotome, ce moucheron qui pique le soir
La leishmaniose canine est causée par un parasite, Leishmania infantum, transmis par la piqûre du phlébotome, un petit insecte ailé dont seule la femelle pique les mammifères. Deux détails de son mode de vie sont très utiles à connaître : il se cache pendant la journée et devient actif le soir, et il est en activité d’avril jusqu’à la fin novembre.
Géographiquement, les phlébotomes sont largement répandus en région méditerranéenne et présents dans tout le sud de la France. Ils peuvent occasionnellement remonter plus au nord. Un chien qui n’a jamais quitté la Bretagne ne risque donc a priori rien, mais un séjour de deux semaines dans le Var change complètement la donne. Si vous voyagez, notre article sur voyager avec son chien aborde aussi les précautions selon les destinations.
Une incubation qui peut durer des années
C’est la particularité la plus déroutante de cette maladie : les symptômes peuvent apparaître de 2 mois à 8 ans après la piqûre. Un chien peut donc développer une leishmaniose des années après des vacances dans le sud, alors que plus personne ne fait le lien. C’est aussi pour ça qu’il faut penser à mentionner à son vétérinaire tout séjour passé en zone à risque, même ancien.
Les signes à surveiller
La leishmaniose se manifeste sur deux fronts, cutané et général.
- Des lésions de peau, parfois discrètes, parfois spectaculaires : croûtes, ulcérations, perte de poils, pellicules abondantes. Un chancre peut apparaître au point de piqûre
- Un amaigrissement progressif, souvent sans perte d’appétit au début
- Une anémie
- Des troubles oculaires
- Une insuffisance rénale progressive, qui est la complication la plus sérieuse
Aucun de ces signes n’est spécifique à lui seul, et c’est bien le problème. Des pellicules ou une perte de poils font rarement penser à une maladie parasitaire grave. En zone à risque, ce sont pourtant des motifs suffisants pour consulter.
Une maladie qu’on ne guérit pas
Autant être direct : il n’existe pas de traitement définitif. Le chien reste porteur du parasite toute sa vie et doit faire l’objet d’un suivi vétérinaire au long cours, avec des prises de sang régulières pour surveiller l’état de ses organes internes, les reins en particulier. Le traitement s’adapte à chaque animal et peut être suspendu par périodes.
Ce n’est pas une condamnation : beaucoup de chiens traités et suivis correctement vivent longtemps et bien. Mais cela veut dire un engagement dans la durée, avec un coût et un rythme de consultations qu’il vaut mieux anticiper.
La prévention, la seule vraie protection
- Les répulsifs et insecticides : sprays, pipettes ou colliers, appliqués régulièrement pendant toute la saison d’activité du phlébotome. C’est la base, et votre vétérinaire vous orientera vers un produit ayant fait ses preuves contre ce moucheron précis, car tous les antiparasitaires ne se valent pas ici
- Limiter les sorties en soirée pendant la saison, puisque c’est le moment où le phlébotome pique. Rentrer le chien à la tombée de la nuit réduit mécaniquement l’exposition
- La vaccination : un vaccin est disponible en France. Il nécessite un test préalable négatif, puis des injections annuelles, et n’offre pas une protection à 100 %. À discuter avec votre vétérinaire selon votre région et le mode de vie du chien
Et pour l’humain ?
Le même parasite peut provoquer chez l’humain une leishmaniose viscérale, qui touche surtout les jeunes enfants et les personnes immunodéprimées. Quelques dizaines de cas sont rapportés chaque année en France. Précision importante : la transmission se fait par le phlébotome, pas directement du chien à son propriétaire. Protéger son chien des piqûres reste néanmoins une bonne chose pour tout le foyer.