Avant d’acheter un chiot, quelques vérifications suffisent à écarter la plupart des vendeurs douteux, et la loi en impose déjà une bonne partie à celui qui vend. Le 21 octobre 2026, à Évry, le parquet a requis de la prison ferme dans une affaire de trafic présumé de teckels nains revendus par petites annonces, puce et papiers compris. Voici, dans l’ordre, ce que vous pouvez contrôler avant de payer.
Cet article résume la réglementation en vigueur au 23 octobre 2026, d’après les textes et les sites officiels cités en sources. Il ne remplace pas la lecture de ces textes ni les conseils d’un juriste.
Qui a le droit de vous vendre un chiot ?
Un éleveur ou un vendeur professionnel. Selon Service Public, on adopte auprès d’une association, et on n’achète à un particulier qu’un chien adulte.
L’éleveur : un Siret ou un numéro de portée
Est éleveur celui qui vend au moins un chiot né de sa chienne. Il doit avoir un numéro Siren et Siret. Seule exception : l’éleveur qui ne produit que des chiens de race inscrits au LOF (Livre des origines français), déclare toutes ses portées et ne vend qu’une seule portée par an et par foyer fiscal. Il n’a pas de Siret, mais chaque portée a un numéro.
Le particulier : un chien adulte, jamais un chiot
Un particulier peut donner un chiot. Il ne peut vendre qu’un chien adulte, et seulement de façon occasionnelle (Service Public). S’il vend les chiots de sa chienne, il devient éleveur. En ligne, un particulier ne peut proposer que des dons, jamais une vente.
L’animalerie : plus de chiots depuis 2024
La vente de chiens et de chats en animalerie est interdite depuis le 1er janvier 2024. Un décret du 1er août 2026 sanctionne l’animalerie qui ne respecte pas l’interdiction : jusqu’à 1 500 € d’amende par animal, 3 000 € en récidive, depuis le 2 août 2026 (ministère de l’Agriculture). Les animaleries peuvent encore présenter des chiens à l’adoption, avec des associations. Nous en parlons dans notre article sur le plan d’action du gouvernement pour les animaux.
L’association : une adoption, pas une vente
Une association de protection animale fait adopter ses chiens contre une participation financière, avec les mêmes documents qu’une vente. Si vous choisissez cette voie, lisez nos conseils pour bien accueillir un chien adopté au refuge.
Avant de vous déplacer : vérifiez l’annonce
Toute annonce de chien doit comporter des mentions obligatoires (Service Public). Les plus utiles pour vous :
- Le numéro d’identification du chiot. C’est le numéro de sa puce, ou de son tatouage.
- Son âge.
- Le numéro Siren et Siret de l’élevage, ou le numéro de portée s’il s’agit d’un éleveur LOF sans Siret.
- « De race » seulement s’il est inscrit au LOF. Sinon, l’annonce doit indiquer qu’il « n’appartient pas à une race », éventuellement suivi de « d’apparence » et du nom d’une race.
Sur internet, le site d’annonces doit vérifier l’annonce auprès du fichier national I-CAD et afficher la mention « annonce vérifiée ». Le ministère de l’Agriculture est clair : sans cette mention, passez votre chemin.
Ce que vous pouvez vérifier vous-même
- Le Siret. Cherchez-le dans l’Annuaire des entreprises, et vérifiez qu’il correspond bien à une activité d’élevage, comme le recommande Service Public.
- Le numéro de portée. Il se vérifie avec l’outil en ligne du LOF, signalé par Service Public et par l’I-CAD.
- Le numéro d’identification. L’I-CAD propose un outil qui indique si un numéro existe dans le fichier national. Le ministère conseille de le faire avant même de contacter le vendeur. Pour un chien identifié à l’étranger, l’I-CAD renvoie vers le réseau Europetnet.
Pour ces vérifications, tapez vous-même l’adresse du site de l’I-CAD : des escrocs envoient de faux messages à son nom, comme nous l’expliquons dans notre article sur la fuite de données de l’I-CAD. Et ne payez jamais un chiot présenté comme donné : le ministère de l’Agriculture le déconseille expressément.
Sur place : ce que vous devez voir
- La mère. Avant chaque vente, l’éleveur doit présenter physiquement la mère du chiot au futur acheteur : c’est une obligation, rappelée par Service Public. Un vendeur qui explique que la mère est ailleurs ne la respecte pas.
- Un chiot de plus de 8 semaines. L’article L214-8 du code rural interdit de céder un chien de huit semaines ou moins, même gratuitement. Nous expliquons pourquoi ce seuil compte dans notre article sur l’âge du sevrage du chiot.
- Un chiot déjà identifié. Il doit l’être avant toute cession (Service Public).
- La carte d’identification au nom du vendeur. Le propriétaire déclaré la retrouve dans son espace en ligne de l’I-CAD. Demandez à la voir, et vérifiez que le numéro est celui du chiot.
- Le chiot lui-même, en vrai. Le ministère de l’Agriculture conseille de toujours rencontrer l’animal avant de l’acheter.
Le certificat d’engagement et le délai de 7 jours
Si vous achetez votre premier chien depuis octobre 2022, vous devez signer un certificat d’engagement et de connaissance des besoins du chien. Et le chiot ne peut vous être cédé que 7 jours au moins après qu’on vous a remis ce certificat (article L214-8 du code rural). Vous ne repartirez donc pas avec le chiot le jour de la première visite.
Ce qu’il contient, et qui le délivre
Le certificat décrit les besoins du chien et ce qu’il va vous coûter, en argent comme en temps. Vous y recopiez à la main une mention par laquelle vous vous engagez à respecter ces besoins. Il est délivré par une personne titulaire d’une attestation de connaissances pour les animaux de compagnie (Acaced) ou d’une certification équivalente : un vétérinaire, un éleveur, un refuge ou une association, par exemple.
Le délai court à compter de la remise
Le délai de 7 jours court à compter de la remise du certificat, et non de sa signature. Le Conseil d’État l’a jugé le 21 mars 2025, et l’instruction technique 2025-254 du ministère de l’Agriculture le reprend. C’est au vendeur de vérifier que vous avez bien signé le certificat : s’il ne le fait pas, c’est lui qui risque une amende, selon Service Public.
Votre deuxième chien
L’obligation vise la personne qui acquiert un chien pour la première fois depuis le 1er octobre 2022, y compris par un don (ministère de l’Agriculture). Un chien acquis avant cette date ne vous en dispense pas. Si vous avez déjà présenté un certificat pour un chien acquis depuis, le vendeur vous remet seulement un document d’information. Celui signé pour un chat ne compte pas pour un chien.
Le jour J : les documents à recevoir
Le jour où vous repartez avec votre chiot, le vendeur doit vous remettre plusieurs documents (article L214-8 du code rural, Service Public). Gardez-les : ils prouvent l’achat et l’état du chiot ce jour-là.
| Document | Ce qu’il prouve | Ce qu’il faut vérifier |
|---|---|---|
| Attestation de cession | Que le chiot vous a été cédé, et à quelles conditions | Vos coordonnées, celles du vendeur, le numéro d’identification du chiot et, s’il est de race, son inscription au LOF |
| Certificat vétérinaire | L’état de santé du chiot lors de l’examen | Moins de 3 mois, numéro d’identification, vaccins réalisés, race cohérente avec l’apparence du chiot ou mention « n’appartient pas à une race » |
| Carte d’identification I-CAD | Que le chiot est enregistré au fichier national | Qu’elle est à votre nom une fois le changement de détenteur fait |
| Certificat d’engagement ou document d’information | Que vous avez été informé des besoins du chien | Pour le certificat, une date de remise au moins 7 jours avant |
Le changement de détenteur se fait en ligne depuis l’espace du vendeur, gratuitement et tout de suite (I-CAD). À défaut, le formulaire doit parvenir à l’I-CAD dans les 8 jours. L’I-CAD rappelle que c’est à l’acquéreur de veiller à ce que la démarche soit faite : tant qu’elle ne l’est pas, le chiot reste au nom du vendeur.
Un chiot remis sans identification, sans certificat vétérinaire ou à 8 semaines ou moins expose le vendeur à une amende de 750 € (Service Public).
Payer sans se faire piéger
Ne versez rien avant d’avoir vu le chiot et sa mère. Les conseils de Cybermalveillance.gouv.fr, le dispositif public contre les arnaques en ligne, valent aussi ici :
- Refusez les coupons et les mandats. PCS, Transcash, Neosurf, Mandat Cash ou Western Union font partie des paiements que Cybermalveillance.gouv.fr conseille de refuser.
- Refusez de payer une société de livraison. L’expédition d’un chiot par voie postale est de toute façon interdite (article L214-8 du code rural).
- Méfiez-vous d’une affaire trop belle.
La loi interdit aussi de promettre « satisfait ou remboursé » pour un animal.
Et si le chiot tombe malade après l’achat ?
Vos recours existent, mais les délais sont courts. Depuis le 1er janvier 2022, la garantie légale de conformité ne s’applique plus aux ventes d’animaux domestiques (DGCCRF). Il vous reste la garantie des vices rédhibitoires, prévue par le code rural, et la garantie des vices cachés seulement si le contrat de vente la prévoit.
Les six vices rédhibitoires du chien
- La maladie de Carré.
- L’hépatite contagieuse, ou maladie de Rubarth.
- La parvovirose.
- La dysplasie coxofémorale.
- L’ectopie testiculaire, pour un chien de plus de 6 mois.
- L’atrophie rétinienne.
Pour agir au titre de ces vices, l’article R213-5 du code rural vous donne 30 jours pour un chien.
Pour les maladies contagieuses, un diagnostic en quelques jours
Pour les trois maladies contagieuses, il faut aussi qu’un vétérinaire ait établi un diagnostic de suspicion dans un délai très court : 5 jours pour la parvovirose, 6 jours pour l’hépatite contagieuse et 8 jours pour la maladie de Carré (DGCCRF). Faites donc examiner votre chiot par votre vétérinaire dès les premiers jours, et consultez sans attendre en cas de diarrhée ou de vomissements (voir notre article sur la diarrhée du chien). Ces trois maladies font partie des vaccins essentiels du chien : regardez sur le certificat vétérinaire lesquels ont déjà été faits.
Les signaux qui doivent vous faire renoncer
- Un particulier qui vend des chiots, ou une annonce de vente de chiot publiée en ligne par un particulier.
- Ni Siret d’élevage ni numéro de portée, ou un numéro qui ne correspond à aucun élevage.
- Pas de mention « annonce vérifiée » sur le site d’annonces.
- Un numéro d’identification introuvable dans le fichier I-CAD, ou qui ne correspond pas au chiot.
- Pas de mère à vous montrer.
- Un chiot de 8 semaines ou moins, ou pas encore identifié.
- Un vendeur pressé. Il veut vous voir partir le jour même alors que c’est votre premier chien depuis 2022, ou être payé avant que vous ayez vu le chiot.
- Un « don » contre de l’argent.
Renoncer à un chiot qui vous a plu est difficile. L’acheter quand même, c’est payer un vendeur qui ne respecte pas les règles. Si vous hésitez encore sur la race, notre test pour trouver la race qui vous correspond peut vous aider à choisir avant de chercher un éleveur.
Questions fréquentes
Peut-on acheter un chiot à un particulier ?
Non. Selon Service Public, un particulier ne peut vendre qu’occasionnellement un chien adulte. S’il vend les chiots de sa chienne, il devient éleveur et doit avoir un numéro Siret, ou un numéro de portée LOF s’il ne vend qu’une portée de race par an. En ligne, un particulier ne peut proposer que des dons.
Peut-on acheter un chiot sans papiers ?
Un chiot non inscrit au LOF peut être vendu, mais il « n’appartient pas à une race » et ne peut pas être présenté comme « de race ». En revanche, aucun chiot ne peut être cédé, même gratuitement, sans identification ni certificat vétérinaire de moins de 3 mois, et le vendeur doit vous remettre une attestation de cession (article L214-8 du code rural).
Le certificat d’engagement est-il obligatoire pour un deuxième chien ?
Oui si vous aviez votre premier chien avant le 1er octobre 2022 : le ministère de l’Agriculture précise que vous devez signer un certificat pour le suivant. Si vous avez déjà présenté un certificat pour un chien acquis depuis, le vendeur vous remet seulement un document d’information. Le certificat signé pour un chat ne vaut pas pour un chien.
Peut-on encore acheter un chiot en animalerie ?
Non. La vente de chiens et de chats en animalerie est interdite depuis le 1er janvier 2024. Depuis le 2 août 2026, une animalerie qui ne respecte pas cette interdiction risque jusqu’à 1 500 € d’amende par animal, 3 000 € en récidive. Elle peut seulement présenter à l’adoption des chiens d’associations de protection animale.
Mon chiot est tombé malade juste après l’achat : quels recours ?
Consultez vite un vétérinaire. Pour la parvovirose, l’hépatite contagieuse ou la maladie de Carré, un diagnostic de suspicion doit être établi dans les 5, 6 ou 8 jours selon la maladie (DGCCRF). Ces maladies font partie des six vices rédhibitoires du chien, pour lesquels le code rural vous laisse 30 jours pour agir.
Sources
- Service Public (DILA), Acheter ou adopter un chien ou un chat : quelles sont les règles ?, fiche F34877, vérifiée en 2026
- Service Public (DILA), Un particulier peut-il vendre ou donner des chiens ou des chats ?, fiche F34329, 2026
- Service Public (DILA), Élevage de chiens et de chats : quelle est la réglementation ?, fiche F33452, 2026
- Légifrance, Article L214-8 du code rural et de la pêche maritime, version en vigueur
- Légifrance, Article R213-5 du code rural et de la pêche maritime, version en vigueur
- Ministère de l’Agriculture, Tout savoir sur le certificat d’engagement et de connaissance
- Ministère de l’Agriculture, Instruction technique DGAL 2025-254, Bulletin officiel, 2025
- Ministère de l’Agriculture, Comment vendre ou donner un animal de compagnie ?
- Ministère de l’Agriculture, Un décret définit des sanctions financières pour les animaleries ne respectant pas l’interdiction de vente de chiens et de chats, 2026
- I-CAD, Vérifier un animal : chien, chat, enregistrement aux fichiers officiels
- I-CAD, Achat ou acquisition gracieuse d’un animal : les formalités
- I-CAD, Changement de détenteur : quelle procédure ?
- DGCCRF, Animal de compagnie, fiche pratique, 2023
- Cybermalveillance.gouv.fr, Sites de vente entre particuliers : conseils pour éviter les arnaques, mis à jour en 2026


