Gastrite chez le chiot : notre année de galère et ce qui l’a résolue

Avant la dermatite atopique, il y a eu un premier combat : pendant presque un an, notre chiot a enchaîné les épisodes de diarrhée et de vomissements. Voici ce qu’on a vécu, ce qui a fini par régler le problème, et surtout ce qu’on aurait aimé savoir plus tôt.

Comme pour notre article sur la dermatite, ceci reste notre expérience personnelle. Un vétérinaire reste le seul interlocuteur fiable pour un diagnostic. Ce qui a marché pour notre chien ne se transpose pas tel quel au vôtre.

Les symptômes

Diarrhée et vomissements, en boucle. Notre chiot devenait abattu, et finissait par ne plus vouloir manger ni même boire. C’était impressionnant à voir, surtout chez un chiot aussi jeune.

Ce qu’on n’avait pas mesuré sur le moment

Avec le recul, c’est le point qu’on veut mettre en avant, parce qu’on l’a sous-estimé. Un chiot qui vomit et qui a la diarrhée en même temps se déshydrate beaucoup plus vite qu’un chien adulte. Il a peu de réserves, et un chiot de petit gabarit peut en plus faire une chute de sucre dans le sang. Quand le nôtre a cessé de boire, on a attendu de voir si ça passait. On sait aujourd’hui que ce signe-là ne s’attend pas.

Les situations qui imposent d’appeler un vétérinaire sans attendre le lendemain :

  • Le chiot refuse de boire, ou vomit systématiquement dès qu’il boit
  • Il vomit plus d’une ou deux fois dans la journée, ou depuis plus de vingt-quatre heures
  • Il y a du sang, dans les vomissements ou dans les selles, y compris sous la forme de grains sombres qui font penser à du marc de café
  • Il est très abattu, ne réagit plus normalement, ou son ventre est douloureux au toucher
  • Il n’est pas encore vacciné, ou en cours de primovaccination

Ce dernier point est le plus important de tous. Chez un chiot non vacciné, une diarrhée hémorragique avec vomissements et abattement doit faire penser à la parvovirose, une maladie virale qui peut tuer et qui se joue en heures, pas en jours. Elle commence souvent par des signes peu spécifiques, de la fatigue et une perte d’appétit, avant que les vomissements et la diarrhée sanglante n’apparaissent en vingt-quatre à quarante-huit heures. Devant ce tableau, on ne tergiverse pas, on va aux urgences vétérinaires.

Le cercle des allers-retours chez le vétérinaire

À chaque crise, retour chez le vétérinaire, qui prescrivait des anti-diarrhéiques et des anti-vomitifs. Ça calmait la crise en cours, mais ça revenait quelques semaines plus tard. On a aussi essayé plusieurs marques de croquettes différentes, sans succès, en sachant qu’il faut à chaque fois laisser le temps à son système de s’adapter avant de juger si ça fonctionne ou non. Au total, c’est tout ce processus, les crises, les visites chez le véto, les essais de croquettes, qui a duré près d’un an.

À un moment, il a eu une radio sous anesthésie, pour examiner son système digestif et surtout pour essayer de mettre un mot sur ce qu’il avait.

Ce qu’un vétérinaire cherche à écarter avant de parler d’alimentation

On a mis du temps à comprendre pourquoi ça traînait autant. Des vomissements qui reviennent chez un jeune chien peuvent avoir beaucoup d’origines, et l’alimentation n’est que l’une d’entre elles. Avant d’y arriver, il faut écarter les autres, ce qui explique une bonne partie de l’année qu’on a passée à tourner en rond :

  • Les parasites intestinaux, très fréquents chez le chiot, qu’un vermifuge adapté et un examen des selles permettent de régler. C’est toujours la première piste à écarter, comme nous le détaillons dans notre article sur les vers intestinaux.
  • Un corps étranger avalé, un grand classique à cet âge où tout finit dans la gueule. C’est souvent ce que cherche une radiographie.
  • Une cause infectieuse, la parvovirose en tête chez un chiot mal ou pas encore vacciné.
  • Une intolérance ou une allergie alimentaire, qui se manifeste par des troubles digestifs chroniques plutôt que par des crises brutales. C’est une piste qu’on explore en général en dernier, parce qu’elle demande du temps pour être confirmée. Nous en parlons dans notre article sur les allergies et intolérances alimentaires.

Rien de tout cela n’est du temps perdu, même si sur le moment c’est décourageant. Une piste écartée est une piste en moins.

Ce qui a réglé le problème

C’est un second vétérinaire qui a changé la donne, en nous conseillant de passer à une alimentation Hill’s Biome intestinal. Depuis ce changement de croquettes, plus aucun épisode de gastrite. Le problème s’est réglé uniquement par l’alimentation, sans autre traitement.

On insiste sur un point : ce n’est pas une recommandation de produit. C’est le second avis vétérinaire qui a été déterminant, pas la marque en elle-même. Un autre chien avec les mêmes symptômes peut avoir une tout autre cause et demander une tout autre solution.

Pourquoi nos essais précédents n’avaient rien donné

Avec le recul, on s’est probablement compliqué la tâche. Changer d’alimentation demande une transition progressive, en mélangeant l’ancienne et la nouvelle croquette sur une semaine à dix jours. Un passage brutal provoque à lui seul des diarrhées, ce qui rend impossible de savoir si c’est la nouvelle nourriture qui ne convient pas, ou simplement le changement trop rapide.

Et il faut ensuite laisser plusieurs semaines avant de juger. Enchaîner les marques tous les quinze jours, comme on a pu le faire, revient à ne jamais donner sa chance à aucune. On aurait gagné du temps en changeant moins souvent, mais mieux.

Une question qui nous trotte encore dans la tête

Un doute qu’on n’a jamais pu vérifier : est-ce que ce changement d’alimentation aurait pu jouer un rôle dans les démangeaisons apparues juste après, celles qui ont mené au diagnostic de dermatite atopique ? On ne sait pas, ce n’est qu’une supposition de notre part, aucun vétérinaire ne nous l’a confirmé. Mais avec le recul, la coïncidence de calendrier nous a toujours interpellés.

Si vous changez l’alimentation de votre chien suite à des soucis digestifs, ça vaut le coup d’en parler avec votre vétérinaire et de rester attentif aux autres symptômes qui pourraient apparaître dans les mois qui suivent.

Ce qu’on retient de cette année

  1. Chez un chiot, la déshydratation va vite. Un chiot qui ne boit plus, qui est très abattu ou qui a du sang dans les selles ne relève pas de l’attente, mais du vétérinaire dans la journée.
  2. Traiter la crise soulage, mais ne règle rien tant que la cause n’est pas trouvée. Un an d’anti-vomitifs nous l’a appris.
  3. Un second avis vétérinaire peut débloquer une situation qui stagne. C’est vrai ici comme pour notre dermatite.
  4. Un changement d’alimentation se fait progressivement, et se juge sur plusieurs semaines. Enchaîner les marques trop vite ne prouve rien.
  5. Il n’y a pas de honte à ne pas avoir vu tout de suite. On a fait au mieux avec ce qu’on savait, et c’est précisément pour ça qu’on raconte cette année ici.

Questions fréquentes

Quand un chiot qui vomit devient-il une urgence ?

Dès qu’il refuse de boire ou vomit tout ce qu’il boit, qu’il vomit plusieurs fois dans la journée ou depuis plus de vingt-quatre heures, qu’il y a du sang dans les vomissements ou les selles, qu’il est très abattu ou que son ventre est douloureux. Un chiot non vacciné avec ce tableau doit être vu sans attendre : la déshydratation va beaucoup plus vite que chez un adulte.

Comment savoir si c’est la parvovirose ?

Seul un vétérinaire peut le confirmer, par un test. Ce qui doit y faire penser, c’est un chiot non vacciné ou en cours de primovaccination, avec une fatigue et une perte d’appétit d’abord peu spécifiques, puis des vomissements et une diarrhée sanglante en vingt-quatre à quarante-huit heures. C’est une maladie qui peut tuer et qui se joue en heures : on va aux urgences, on n’attend pas le lendemain.

Quelles causes un vétérinaire écarte-t-il devant des vomissements répétés chez un chiot ?

Les parasites intestinaux d’abord, très fréquents à cet âge et faciles à traiter. Puis un corps étranger avalé, que recherche souvent une radiographie. Puis une cause infectieuse comme la parvovirose. L’intolérance ou l’allergie alimentaire vient en général en dernier, car elle demande du temps pour être confirmée.

Combien de temps faut-il pour juger si une nouvelle croquette convient ?

Plusieurs semaines, et à condition d’avoir fait une transition progressive sur sept à dix jours en mélangeant l’ancienne et la nouvelle. Un changement brutal provoque à lui seul des diarrhées, ce qui rend le test ininterprétable. Enchaîner les marques tous les quinze jours, comme nous l’avons fait, revient à ne donner sa chance à aucune.

Faut-il faire jeûner un chiot qui vomit ?

Non, pas de votre propre initiative. Le jeûne se conseille parfois chez le chien adulte, mais un chiot a peu de réserves et peut faire une chute de sucre dans le sang. La conduite à tenir, y compris la question de l’eau et de la reprise alimentaire, se décide avec un vétérinaire, pas seul à la maison.

Sources

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